En quête de toi

Le jour de la 1ère insémination (1ère partie)

Drôle de sensation que celle de penser que pour la première fois depuis 5 ans on a peut-être en soi un début de vie ! En tous les cas, on a tout fait pour…

 

Lundi 23 juin, 6h00 : je n’arrive plus à dormir. Je me tourne, je me retourne. C’est sûr ce soir, j’aurai quelque chose de nouveau dans le ventre… Il est 7h45, le réveil sonne. On se lève tranquillement, on déjeune comme si de rien n’était. On se prépare. Il est déjà temps de partir. Une fois n’est pas coutume : embouteillages ! Qui dit embouteillages, dit stress dans mon couple, et qui dit stresse dit… disputes ! Bon, je suis habituée. Je gère. Arrivée au CECOS à 10h00. Je me présente à l’accueil. "Bonjour, nous venons retirer notre première paillette…". La secrétaire me glisse un petit morceau de carton avec un numéro dans la main. "7". Des couples sont déjà là, et dans leur main, un petit bout de carton. Nous sommes donc plusieurs à venir retirer notre or beige. " Numéro 6 ! ". Un couple se lève, s’enferme avec un médecin dans une petite pièce juste à côté de l’accueil. C’est un peu mal agencé, on voit tout à travers les vitres, même s’il y a des stores. J’aperçois leur thermos : une superbe thermos large, en inox ! Je regarde la mienne dans mon sac à dos : à côté, elle fait vraiment tarte… Leur entretien dure 20 minutes. Pendant tout ce temps, on a eu le temps de voir des choses bizarres, assis devant l’accueil. Des hommes qui passent discrètement s’enfermer dans une petite pièce, et une laborantine qui apparaît ensuite devant notre nez une fiole remplie de sperme, direction le local où sont les cuves de conservation. Le même manège, 2/3 fois. Mon conjoint est mal à l’aise. "C’est bien ce que je pense ? " " Oui, oui, c’est ça… "

 

" Numéro 7 ! ". Ah ! Ca y est ! On rentre, on s’installe, je sors ma thermos. La doctoresse nous demande si c’est notre première paillette. Elles nous demande nos cartes d’identité, prend la thermos et sort du bureau. Nous sommes seuls dans la pièce. On regarde les affichettes aux murs. Tout explique le recueil et la conservation du sperme. 10 minutes passent. Elle revient, le thermos grand ouvert et fumant. Je me lève, curieuse. L’intérieur est rempli presque à ras bord d’azote liquide. Une languette violette flotte. La doctoresse attrape un ciseau, saisit la languette et nous montre enfin l’objet de toutes les convoitises. Dans un petit récipient transparent, au bout de la languette, une paillette, toute petite, violette elle aussi. Elle nous explique. Il s’agit d’une très bonne paillette, qui contient plus de 4 millions de spermatozoïdes. Nous sommes rassurés. Elle nous énumère ensuite les précautions à prendre pendant le transport : surtout maintenir la thermos debout, ne pas la fermer complètement car il y aurait un risque d’explosion et, après l’insémination, il ne faudra surtout pas jeter le reste d’azote dans l’évier ; les canalisations de l’immeuble risqueraient d’éclater. Dernières formalités avant de partir : elle me tend 2 questionnaires, l’un expliquant le contexte de l’insémination à remplir par mon gynécologue, l’autre, le résultat de l’insémination à remplir par moi. On récupère un petit bout de bristol à nos noms et prénoms, complétés d’un numéro de dossier qu’il faudra dorénavant communiquer à chaque appel passé au CECOS. Notre rendez-vous touche à sa fin. La doctoresse nous lance un " On croise les doigts hein ? C’est rare que ça marche la première fois, mais on ne sait jamais… "

 

Devant ma gaucherie, mon conjoint saisit le sac à dos. On détalle les mètres qui nous séparent de la voiture à toute vitesse. Il faut faire vite : mon gynécologue m’attend avant 12h30. On s’installe dans la voiture. Mon conjoint prend le sac entre ses pieds côté passager. Horreur ! Le sac est gelé ! Une grosse trace de… gelé ! Et il fume ! Que s’est-il passé ? Le thermos a été chahuté ces quelques mètres et comme il n’était pas totalement fermé, de l’azote s’en est échappé… Plus de peur que de mal, mais il va falloir faire attention pendant le trajet du retour. Je regarde mon chéri : " Pourvu qu’on ne se fasse pas arrêter ! Les flics vont se demander ce qu’on trafique avec notre sac qui fume et qui coule… " L’atmosphère se détend. On rentre plus vite qu'on est arrivé, à peine 30 minutes. 11h30, je suis devant le cabinet de mon gynécologue. Mon conjoint me laisse là, avec mon sac à dos qui fume toujours et qui est gelé ; lui va garer notre voiture dans notre parking à quelques mètres de là.

 

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Le jour de ma 1ère insémination (2ème partie)

Déjà deux personnes dans la salle d’attente. Pourvu qu’il me prenne avant 12h30. Il reste 1 heure. Mon conjoint arrive et s’assoit près de moi. Au bout de vingt minutes, la porte s’ouvre : mon gynécologue passe la tête, me voit, mais prend une autre dame. En même temps, c’est un peu normal. Je patiente. 12h05 : la porte s’ouvre, il me pointe du doigt : « A nous ! ». Je me lève, saisit délicatement mon sac à dos, et m’engouffre dans son cabinet.

 

« Vous avez des petites choses pour moi ? ». J’ouvre mon sac à dos et lui tend la thermos. Il la saisit et l’amène près de son évier. Je lui tends les papiers que m‘a donnés le CECOS 1 heure avant. Il désire regarder les caractéristiques de la paillette. 4 millions de spermatozoïdes dans cette petite paillette, 50 % progressifs avant congélation, 30 % après. « C’est pas mal du tout tout cela !... » Ouf, pour la 2ème fois de la journée, je suis rassurée. Je grimpe sur la table, en position gynécologique, avec les traditionnels matériels…« Détendez-vous ! ». Facile à dire mais pas facile à faire. Je ne vois rien du tout de ce qu’il fait. J’entends juste des bruits de thermos, de ciseau... Je pense qu’’il a coupé le bout de la paillette, mais qu’il s’y est repris à plusieurs fois. Je lui parle pendant tout ce temps.

« Vous en faites souvent des IAD ? »

« Oui… Pas tous les jours mais bien une fois par semaine ! »

« Une fois par semaine ?! C’est dingue, je ne pensais pas autant ! »

« Ne pensez pas que vous êtes seule… »

« Justement, ce matin, au CECOS, il y avait bien 4 ou 5 couples qui attendaient. C’est rassurant de sentir qu’on n‘est pas seuls… »

De nouveau des bruits de ciseau. Je lève la tête, et le voit revenir avec la tasse de la thermos. La paillette est dedans.

« J’ai peur que ce soit froid… »

« Mais non, mais non, y’a pas de raison… Allez, détendez-vous ! ».

Je reprends :

« Comment fait-on si ça ne marche pas ? »

« Il faut que ça marche… »

 « Oui, mais si ça ne marche pas ? On enchaîne sur le cycle suivant ou on laisse passer un cycle de repos ? »

« Bon, normalement, on en parle pas de ça, tant qu’on n’a pas les résultats. Mais un cycle de repos c’est bien. Mais attention, en août, les centres de PMA ferment, et moi, je suis en congés… »

« Donc, une 2ème IAD pourrait avoir lieu en septembre… Plutôt fin septembre vu mes cycles… » (Là, c’est un peu un coup dur…)

« Bon, allez, ça m’a l’air suffisamment détendu. Ca va ? Tout va bien ? Vous n’avez pas trop mal ? »

« Non, non, ça va ». (J’ai un petit peu mal quand même).

 

« Voilà, c’est fait. Restez quelques secondes allongée… Vous risquez de constater un petit écoulement ; c’est normal, ne vous inquiétez pas »

Voilà. A ce moment, j’imagine la formidable course du tiers des 4 millions de spermatozoïdes pour monter jusqu’à mes 2 beaux ovocytes.

« Vous pouvez vous rhabiller ». Bon, là, je contorsionne comme une dingue pour me rhabiller. J’ai tellement peur qu’ils redescendent d’un coup que je fais tout les jambes serrées. Pas très académique, ni très esthétique… Hop, je me rassois très vite devant son bureau. Je lui demande quand je devrai faire ma prise de sang. Il prépare l’ordonnance. « Pas avant 2 semaines ! ». On sera lundi 7 juillet. C’est long…

 

Je fais mon chèque. Je range tous mes papiers, mon thermos. Il me tend la main : « On espère tous que ça fonctionne. Je ne veux pas vous revoir, hein ? »

Je sors et rejoins mon conjoint dans la salle d’attente. Il prend le sac. On rentre à pied, à la vitesse d’une limace très fainéante.

Arrivée à la maison, je m’allonge, 2 coussins sous les fesses. Je crois que j’ai dû garder la pose un peu plus d’une heure. Je ne fais pas le moindre effort de toute la journée.

 

Le lendemain, premières courbatures. Les reins. Les jambes. J’ai dû trop contracter lundi, trop crispée. Ou le stress. Ou les restes de traitement… Je suis mal au travail. J’annule un rendez-vous extérieur le matin. Je me traîne. Et je saigne. Pas abondamment, heureusement.

 

Nous sommes mercredi aujourd’hui. Toujours des courbatures. Encore des saignements ce matin. Mais dans l’ensemble ça va. Je ne ressens rien de particulier. De temps en temps, j’ai mal au ventre mais rien de plus. Le mental en  pris un coup. Je me persuade que cette première fois n’est pas la bonne. Et de toutes les façons, j’ai comme l’intuition que ça ne marchera jamais. Je suis triste au lieu de me réjouir. Ca désole mon conjoint qui pense que le mental joue à 50% de la réussite. Sans doutes les hormones…

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Fin de la 1ère semaine

Cela fait maintenant 7 jours que j'ai été inséminée. Une petite synthèse de cette 1ère semaine s'impose. 

J'ai été mal, mal, mal les 5 premiers jours. Affreux! Un mal de dos/lombaires/reins comme rarement j'ai eu. A tout cela est venu s'ajouter un mal de jambes pas permis, comme si j'avais des grosses bulles d'air dans les quadriceps. Probablement des courbatures. J'ai dû être tellement crispée chez le gynécologue que j'ai dû contracter tout ce qui était contractable... Je me suis juste permise de prendre un tout petit peu de paracétamol. Au boulot, une vraie loque. J'ai tout fait au ralenti, je me suis déplacée comme une petite vieille. Bref, j'ai bien éveillé les soupçons...

Samedi 28/06/08, tout ceci a un peu disparu. Là, plutôt 3/4 douleurs fulgurantes aux ovaires, comme en période d'ovulation.

Je scrute depuis hier les moindres symptômes. On connaît toutes ça! J'étais dingue les premiers mois où j'ai arrêté la pilule... Dingue pour rien. Alors que là, c'est la première fois que je suis peut-être dingue pour quelque chose. Hier matin donc, sous la douche, j'ai enfin compris que l'un des 1ers symptômes d'une éventuelle grossesse - veines des seins apparentes - revêtait une autre forme que celle à laquelle je croyais depuis le début. J'ai compris que ça ne voulait pas dire qu'on voyait le bleu des veines, mais que ça signifiait qu'elles étaient apparentes parce qu'en relief! Eh oui! J'en ai trouvé une légèrement boursouflée !

Le soir, de drôles de sensations dans le ventre. Comme un poids dans le bas ventre. Mais un poids tout léger, tout chaud, tout agréable... Ca me l'a fait un peu cette nuit. J'ai retrouvé un peu le moral pour le coup.

J'essaie pourtant de ne pas m'emballer. J'ai trop peur d'être déçue. Je sais bien que tout ceci peut très bien ne rien vouloir dire, ni ne rien annoncer de positif. Mais je me prends un peu à rêver que peut-être que je fais partie des 10/12% de chanceuses pour lesquelles la première IAD est la bonne...

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Fin de la 2ème semaine...

Cette semaine aura été marquée par des douleurs aux ovaires, un coup à droite, un coup à gauche, un effroyable mal de ventre, soudain et très violet jeudi soir (12 jours après l'insémination), de fréquentes envies d'uriner (surtout le soir), quelques douleurs de règles lancinantes, des gargouillis incessants dans le ventre, de grosses fringuales le matin et toujours cette veine bleue apparente sur le sein droit.

Dimanche matin, 14 jours après l'insémination, toujours aucune trace des règles. J'ai commencé à y croire. Et puis, patatra, l'après-midi, entre 14h et 17h, quelques petites pertes marrons. Dans la nuit du dimanche au lundi (ce matin), plus rien... J'ai recommencé à y croire un peu.

Je me suis finalement décidée à faire ma prise de sang ce matin, à 10h00. Comme si cet acte m'avait "libéré" l'esprit, les règles ont eu l'air de se déclencher vers 11h30 ce matin. 15 jours après l'IAD! Pour la première fois de la vie, j'ai eu un jour de retard! Incroyable!

J'aurais les résultats de la prise de sang vers 17h30, mais c'est sans grand espoir...

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Négatif

Premier essai… première déception ! Le résultat s’est bien révélé négatif. Je m’y attendais certes, mais j’avais toujours au fond de moi un espoir de réussite, un espoir que Madame Malchance me lâche la grappe. Mais non ! Elle est toujours là, elle n’a pas décidé de partir un peu en vacances. Ca lui aurait pourtant fait du bien.

 

Je suis partagée par cet échec. La déception prédomine forcément la sérénité. Je me sens d’abord idiote d’avoir assimilé tous les symptômes que j’ai ressentis les 15 derniers jours à un éventuel début de grossesse. L’avantage de les "coucher sur le papier", c’est de me permettre de les relire à loisirs et de me dire, si je les ressentais de nouveau, qu’ils ne signifient pas grand-chose. Le mal de dos de la première semaine n’était lié qu’à ma position contractée lors de l’insémination chez le gynécologue. Mon mal d’ovaires de la seconde semaine était une réponse à la stimulation. Quant à mon mal de ventre, soudain et violent, du jeudi 3 juillet, mystère… Un début de gastro ? Une mauvaise position assise au bureau ? Des spasmes ? Quelle idiote aussi d’avoir consulté tous les sites internet parlant de la grossesse, d’avoir fait les calculs de la date d’un éventuel accouchement (mars 2009, ça aurait été un petit poisson…), d’avoir regardé toutes les dates d’examen, d’avoir lu tous les symptômes précoces décrits par les filles enceintes en me disant "tiens, j’ai ça moi aussi !"… J’ai été vite en besogne. J’espère qu’on ne m’y reprendra plus.

 

Et toutes ces précautions prises inutilement… J’ai abandonné un stage de 15 jours à Paris, j’ai arrêté de prendre les escaliers, je n’ai rien réservé pour nos vacances d’août de peur de faire de la voiture, j’ai arrêté de boire du café, j’ai annulé tous mes rendez-vous extérieurs de peur de trop marcher, je suis restée un maximum allongée dans mon lit… Finalement, toutes ces précautions n’ont fait que me focaliser sur quelque chose d’hypothétique, bien que je ne pensais pas que cela soit hypothétique au moment où je les ai faites.

 

Plus violemment, ce premier échec me renvoie irrémédiablement sur mon incapacité à donner la vie, sur cette vieille intuition que la maternité n’est pas faite pour moi, que je ne serai jamais enceinte. De temps à autre, j’essaie de me raisonner en me disant que bien sûr un premier raté ne veut pas dire grand-chose sur ces capacités maternelles. Mais quand même, je me dit que 2, peut être plus, beaux ovocytes et 4 millions de spermatozoïdes pas foutus de se rencontrer, c’est qu’il y a bien quelque chose en moi qui empêche cette rencontre magique!

 

Inversement, j’arrive tout de même à percevoir trois avantages majeurs à cet échec. D’une part, il faut que je me souvienne que je suis dans le circuit. Certes, j’ai 2 mois et demi à attendre, mais je suis enfin dans la spirale des inséminations. Après 4 ans et demi d’attente, ce n’est déjà pas si mal. C’est même une grande victoire. D’autre part, je sais comment cela se passe. J’aborderai certainement les prochains essais de manière plus détendue. Enfin, je n’avais rien prévu pour les vacances, je vais désormais pouvoir chercher une petite location au bord de la mer et partir en amoureux… Après tout, peut être que l’iode a des effets positifs sur la fertilité ?!!! Obsédée moi ? Non, pas du tout…

 

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