Mercredi 25 Juin 2008
Le jour de la 1ère insémination (1ère partie)
Drôle de sensation que celle de penser que pour la première fois depuis 5 ans on a peut-être en soi un début de vie ! En tous les cas, on a tout fait pour…
Lundi 23 juin, 6h00 : je n’arrive plus à dormir. Je me tourne, je me retourne. C’est sûr ce soir, j’aurai quelque chose de nouveau dans le ventre… Il est 7h45, le réveil sonne. On se lève tranquillement, on déjeune comme si de rien n’était. On se prépare. Il est déjà temps de partir. Une fois n’est pas coutume : embouteillages ! Qui dit embouteillages, dit stress dans mon couple, et qui dit stresse dit… disputes ! Bon, je suis habituée. Je gère. Arrivée au CECOS à 10h00. Je me présente à l’accueil. "Bonjour, nous venons retirer notre première paillette…". La secrétaire me glisse un petit morceau de carton avec un numéro dans la main. "7". Des couples sont déjà là, et dans leur main, un petit bout de carton. Nous sommes donc plusieurs à venir retirer notre or beige. " Numéro 6 ! ". Un couple se lève, s’enferme avec un médecin dans une petite pièce juste à côté de l’accueil. C’est un peu mal agencé, on voit tout à travers les vitres, même s’il y a des stores. J’aperçois leur thermos : une superbe thermos large, en inox ! Je regarde la mienne dans mon sac à dos : à côté, elle fait vraiment tarte… Leur entretien dure 20 minutes. Pendant tout ce temps, on a eu le temps de voir des choses bizarres, assis devant l’accueil. Des hommes qui passent discrètement s’enfermer dans une petite pièce, et une laborantine qui apparaît ensuite devant notre nez une fiole remplie de sperme, direction le local où sont les cuves de conservation. Le même manège, 2/3 fois. Mon conjoint est mal à l’aise. "C’est bien ce que je pense ? " " Oui, oui, c’est ça… "
" Numéro 7 ! ". Ah ! Ca y est ! On rentre, on s’installe, je sors ma thermos. La doctoresse nous demande si c’est notre première paillette. Elles nous demande nos cartes d’identité, prend la thermos et sort du bureau. Nous sommes seuls dans la pièce. On regarde les affichettes aux murs. Tout explique le recueil et la conservation du sperme. 10 minutes passent. Elle revient, le thermos grand ouvert et fumant. Je me lève, curieuse. L’intérieur est rempli presque à ras bord d’azote liquide. Une languette violette flotte. La doctoresse attrape un ciseau, saisit la languette et nous montre enfin l’objet de toutes les convoitises. Dans un petit récipient transparent, au bout de la languette, une paillette, toute petite, violette elle aussi. Elle nous explique. Il s’agit d’une très bonne paillette, qui contient plus de 4 millions de spermatozoïdes. Nous sommes rassurés. Elle nous énumère ensuite les précautions à prendre pendant le transport : surtout maintenir la thermos debout, ne pas la fermer complètement car il y aurait un risque d’explosion et, après l’insémination, il ne faudra surtout pas jeter le reste d’azote dans l’évier ; les canalisations de l’immeuble risqueraient d’éclater. Dernières formalités avant de partir : elle me tend 2 questionnaires, l’un expliquant le contexte de l’insémination à remplir par mon gynécologue, l’autre, le résultat de l’insémination à remplir par moi. On récupère un petit bout de bristol à nos noms et prénoms, complétés d’un numéro de dossier qu’il faudra dorénavant communiquer à chaque appel passé au CECOS. Notre rendez-vous touche à sa fin. La doctoresse nous lance un " On croise les doigts hein ? C’est rare que ça marche la première fois, mais on ne sait jamais… "
Devant ma gaucherie, mon conjoint saisit le sac à dos. On détalle les mètres qui nous séparent de la voiture à toute vitesse. Il faut faire vite : mon gynécologue m’attend avant 12h30. On s’installe dans la voiture. Mon conjoint prend le sac entre ses pieds côté passager. Horreur ! Le sac est gelé ! Une grosse trace de… gelé ! Et il fume ! Que s’est-il passé ? Le thermos a été chahuté ces quelques mètres et comme il n’était pas totalement fermé, de l’azote s’en est échappé… Plus de peur que de mal, mais il va falloir faire attention pendant le trajet du retour. Je regarde mon chéri : " Pourvu qu’on ne se fasse pas arrêter ! Les flics vont se demander ce qu’on trafique avec notre sac qui fume et qui coule… " L’atmosphère se détend. On rentre plus vite qu'on est arrivé, à peine 30 minutes. 11h30, je suis devant le cabinet de mon gynécologue. Mon conjoint me laisse là, avec mon sac à dos qui fume toujours et qui est gelé ; lui va garer notre voiture dans notre parking à quelques mètres de là.
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Par enquetedetoi, Mercredi 25 Juin 2008 à 08:00 GMT+2 dans Mon histoire





