En quête de toi

Quatrième médecin: on avance enfin !

Janvier 2006 : j'ai rendez-vous avec un nouveau spécialiste, qui a grande réputation. Il est tout près de chez moi. Je regrette déjà de n'avoir pas pris rendez-vous avant. On y va tous les deux. L'homme est austère aux premiers abords : je crains le pire. Il se découvre pendant la rencontre : il est plutôt rigolo, mais reste très professionnel. Enfin, je me sens en confiance. Et me voilà repartie avec mon dossier "gynéco" : je sors mes courbes, mes échos, le résultat du test de Hühner... et il m'arrête tout de suite ! "Tout ça, ça ne veut rien dire pour moi. Je m'en fous ! Madame, avez-vous fait les dosages hormonaux au 3ème jour du cycle ? Avez-vous fait une hystérographie ? Monsieur, avez-vous fait un spermogramme ? Non ?! Faites ces 3 examens, c'est le B.A.-BA. en procréation médicalement assistée. Et revenez me voir ensuite !". Je sors avec mes ordonnances à la main, et je prends d'emblée rendez-vous pour moi. Je laisse cogiter mon conjoint sur la nécessité, l'obligation de réaliser ce foutu spermogramme. On a déjà trop attendu.

J'attends le bon moment du prochain cycle, et je fais ma prise de sang, au 3ème jour du cycle. Les résultats tombent : tout est presque normal. Les ovaires montrent juste qu'ils sont un peu flemmards sur les bords. Mais c'est pas une nouveauté : j'ai toujours eu des cycles à rallonge. Mon rendez-vous pour l'hystérographie approche. J'ai décidé de la faire dans un centre de radiologie tout près de chez moi. Avec le recul, je me dis que j'aurais dû aller ailleurs car ça n'a pas été une partie de plaisir. L'examen consiste à injecter un produit froid dans le vagin, sur la table de radiologie, et voir comment il circule dans les trompes jusqu'aux ovaires. Il permet de voir si les trompes de Fallope ne sont pas bouchées, ce qui peut expliquer l'absence de grossesse. Les laborantines s'y prennent à plusieurs reprises, c'est franchement pas agréable. Quoi qu'il en soit, rien à signaler. Me voilà déjà rassurée sur mon cas.

Mon conjoint se décide enfin pour le spermogramme. Il a réussi à passer par-dessus les préjugés du type "les hommes qui font un spermogramme sont des impuissants".Oui, ça vous fait peut être sourire, mais j'ai quelqu'un dans ma propre famille qui m'a dit un jour, au courant de mes problèmes, que son chéri avait dit qu'il ne ferait jamais de spermogramme, car "c'était trop la honte !". Il a eu de la chance : il a eu un fils, sans passer par là. Mais s'il avait été obligé, il aurait fait comment ? Bref... La bêtise humaine est aussi l'un des combats de la P.M.A. Là, aussi, ça n'a pas été une partie de plaisir. Le matin du rendez-vous - oui, cet examen se fait vers 7h30, à l'heure d'un désir bien programmé et "médicalisé", et donc pas spontané - , il n'est pas très serein. Il sent qu'il ne va pas réussir. Le voilà seul dans la cabine. Trop de bruit autour, il entend tout, trop de lumière et un local qui s'apparente plus à un vestiaire du personnel qu'à une petite pièce intime propice à ce recueil obligatoire. Il ressort au bout de 20 minutes, sans rien. Il n'a pas réussi. Les négociations commencent alors avec le médecin : y'a-t-il possibilité de le faire à domicile et de ramener le tout très vite ? Il nous répond d'abord non, puis voyant notre désarroi, il nous autorise à faire ainsi le lendemain.

On est le matin : je décide de le laisser seul à la maison, j'attends dans la voiture. Il m'appellera lorsqu'il aura fini. J'attends bien 1 heure, au froid, dans la voiture. Je suis désespérée. Je crains qu'il n'y soit pas arrivé une nouvelle fois. Mais le téléphone sonne enfin, je remonte chercher le précieux bocal et je me mets en route. Il faut faire attention : il faut garder l'échantillon au chaud, près de soi, et veiller à ne pas trop le bousculer. Le tout en moins de 20 minutes. J'y arrive.

Commence alors l'attente des résultats, très angoissante. Une semaine au total. L'un des pires moments. De quoi se poser les pires questions. Que vont révéler les résultats ? Vont-ils trouver des spermatozoïdes? Dans quel état? Et si non? Que va-t-on faire? Quelles sont les suites? Pour notre couple? Pour lui? Pour moi? Va-t-on rester ensemble? Va-t-on nous donner de l'espoir ? Quelles causes? Quelles solutions? Tout se chamboule et on ressent un vague sentiment d'écoeurement. D'autant que pour les autres, la vie continue. Ils ne connaissent pas ces problèmes. Ils sont à mille lieues de penser que nous, on en est là. Je sais qu'on est sur le point de vivre un point de non-retour : la quasi-certitude de devoir passer par le milieu médical pour enfin pouvoir procréer. Ca me donne le tournis, la nausée : la chose la plus simple et la plus naturelle du monde devient un rêve presque impossible pour nous, nous qui nous aimons par dessus tout et qui n'aspirons qu'à une seule chose: devenir enfin parents.

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Le jour où notre monde s'effondre...

Un soir d'avril 2006. Je suis devant le laboratoire, seule. Mon conjoint a décidé de ne pas venir, comme s'il redoutait quelque chose. J'ai le cœur serré. Je suis seule face à notre destin. Je sens que tout va basculer, que je vais apprendre une mauvaise nouvelle. Mais je ne peux plus reculer. J'entre.

Le médecin est toujours aussi glacial. Il me tend l'enveloppe, sans rien dire. De toutes façons, je ne veux rien savoir. Je prends l'enveloppe. Je ne l'ouvre pas. Ces choses-là se font à deux. Arrivée à la maison, je tends l'enveloppe à mon conjoint. Il décide de l'ouvrir. Nous sommes chacun assis dans un coin de la chambre.

Au bout de 30 secondes, il me dit : « Je ne comprends rien, c'est vide ! Il n'y a rien d'écrit... » Et là, en une fraction de seconde, je comprends. « Vide »... Les résultats sont « vides »... Il n'y a rien. Je commence à pleurer. Dans un sanglot, je lâche : « il n'y a pas de chiffres ? Quels chiffres sont inscrits ? ». Il me répond : « non, aucun, il n'y a que des zéros... partout... ».

Cette phrase résonne encore dans ma tête. Je prends les résultats. Des zéros partout sur toute la page, recto verso. Ils n'ont rien trouvé. Rien du tout.

Je pleure et je ne peux plus m'arrêter. Lui est abasourdi. Rien n'apaise mon chagrin. Je comprends les conséquences très vite. Nous allons forcément devoir passer par l'aide médicale à la procréation (A.M.P.) avec un tel résultat. Cette fois-ci, plus de doute. Mon intuition était la bonne. Je pleure de plus belle. Mon homme n'a aucun spermatozoïde. Il est dans l'incapacité de donner la vie. Et je songe à toutes ces fois où nous nous sommes unis en espérant que ces étreintes seraient donneuses de vie... Mais non, elles ne l'ont jamais été. Depuis 3 ans, ça n'a été que tromperie, trahison de Dame Nature. Elle nous a laissé croire. La vie est injuste.

La soirée a été silencieuse et triste. Très sombre. Je me souviens seulement que ma mère m'a appelé pour connaître le résultat et que je lui ai annoncé en pleurs. Elle pleurait aussi.

Ce moment a été l'un des pires de notre vie de couple. Je pense le plus dur moralement parce que nous avons été fixés une bonne fois pour toutes. Pratiquement... Il restait à connaître l'ampleur du phénomène. On distingue 2 types d'azoospermie : l'azoospermie excrétoire, celle révélant un problème de « tuyauterie », la moins pire en quelque sorte ; et l'azoospermie sécrétoire, quand la fabrication même des spermatozoïdes à leur base est altérée. Je sais, grâce au forum, que dans le cas des azoospermies excrétoires, il est possible de faire pratiquer une petite intervention chirurgicale, la ponction testiculaire (ou biopsie), qui permet de récupérer des spermatozoïdes, directement à la source, dans les testicules. On peut proposer cette solution aux azoospermies sécrétoires, mais les chances sont nettement diminuées. On prie déjà pour que le problème ne soit qu'un problème de plomberie... On a joué de malchance jusqu'à présent. Espérons qu'il y ait un bon dieu.

Nous revoyons le gynécologue, munis de tous ces résultats. Il réécoute l'histoire de mon conjoint. Pour lui, c'est sûr, le chirurgien qui a pratiqué l'opération de hernie inguinale a « coupé » le mauvais tuyau. Nous sommes rassurés dans un sens. On va certainement retrouver des spermatozoïdes dans les testicules. Il nous envoie vers un confrère urologue, dans un grand hôpital parisien. Nous prenons rendez-vous pour le mois d'octobre 2006.

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Premiers pas en centre de fertilité

 

Nous voilà enfin arrivés au 5 octobre 2006, jour de notre rendez-vous dans un grand hôpital parisien, cellule « P.M.A. (procréation médicalement assistée) ». Nous sommes plutôt contents d'être là. Une vague impression d'avancer, malgré la tourmente. Après avoir rempli toutes les formalités administratives obligatoires (inscription à l'hôpital, ouverture du dossier de mon conjoint au centre de fertilité...), nous voilà assis dans la salle d'attente. L'ambiance est plutôt chaleureuse. Sur les murs, des tas de photos de bébés : il y a même des jumeaux, des triplés... Elles sont toutes porteuses d'espoir. On s'y attarde. On les regarde avec tendresse. On est rassurés. On voit l'avenir un peu plus rose. On se prend à rêver : et si on en a deux d'un coup, qu'est-ce qu'on fait ? On les garde bien sûr ! On a tellement attendu. On rattrapera le temps perdu. J'arrêterais même de travailler...

Le médecin urologue nous appelle déjà. Un grand bonhomme austère, mince, très sérieux. On sent bien que c'est un professionnel. Il nous questionne. On ré-explique toute notre histoire. Pour le moment, il ne dit rien. Vient le moment de l' « inspection ». Pas franchement évident pour un homme de se dévoiler dans sa plus stricte intimité... Les testicules sont plus petits que la normale. Ce n'est pas très bon signe. Le docteur tique. En revanche, il sent bien les canaux déférents. Ca, c'est plutôt positif. Il n'en dit pas plus. Pas avant d'avoir des informations supplémentaires. On ressort 15 minutes après, avec une nouvelle ordonnance pour un spermogramme (le 1er est périmé ; il a plus de 6 mois) et des prises de sang pour vérifier les dosages hormonaux et faire faire un caryotype. On doit le revoir une fois tous ces résultats en main.

Une fois n'est pas coutume : le spermogramme doit se faire dans un laboratoire spécialisé, agréé, et avec lequel travaille l'hôpital. Nous prenons donc rendez-vous pour le 31 octobre dans un laboratoire parisien réputé. On ne compte plus les jours où nous avons dû poser des jours de congés ou des heures à récupérer. Les gens commencent à s'interroger autour de nous. En même temps, on est bien obligés.

Mon conjoint s'inquiète pour le spermogramme. La première fois, il avait échoué sur place, mais réussi à la maison. Cette fois-ci, pas le choix : il faudra bien que ça marche au labo! Pas moyen de ramener le flacon en moins de 20 minutes, de la banlieue jusqu'à Paris ! Il angoisse, mais on tente de prendre des dispositions « adaptées » pour que ça puisse marcher. Un DVD érotique, une conversion sur le PC, une console portable et le tour est joué ! C'est vraiment troublant de devoir faire tout ça. On a un peu honte, mais il faut bien y arriver. Rien n'est évident. Il appréhende d'autant plus qu'il faudra faire la double prise de sang juste après.

Le jour de l'examen, tout se passe merveilleusement bien. La console n'a même pas eu besoin de tourner plus de 10 minutes ! La prise de sang a été faite dans la foulée. Je le vois déjà ressortir le sourire aux lèvres ! On est fiers tous les deux.

Commence alors l'attente... On ne fait que ça depuis novembre 2003 : attendre ! Pour quiconque est un peu impatient, je conseillerais presque de devoir passer par la P.M.A. Grande école où on apprend la patience ! Si, si ! Quatre mois entre deux rendez-vous, des examens médicaux à refaire perpétuellement vu qu'ils ne sont valables que 6 mois... On s'étonne du "trou de la sécurité sociale" ! Nous, on ne s'en étonne même plus.

Pendant les jours qui suivent, on espère tous les deux secrètement que le résultat du spermogramme sera positif. On espère qu'ils retrouveront 1, 2 ou 3 spermatozoïdes. Ils ont des méthodes plus poussées que le laboratoire de banlieue. Ils centrifugent. Et quelque fois, quelques spermatozoïdes montrent le bout de leur nez. On espère qu'ils ne retrouveront rien d'anormal dans les dosages hormonaux. Ni dans le caryotype d'ailleurs, mais là, il faudra se montrer... patient ( !) : les résultats nous parviendront d'ici un mois et demi.

Quatre jours plus tard, le laboratoire m'appelle sur le portable. Ils veulent parler d'urgence à mon conjoint. Il rappelle de la maison. "Monsieur, quels étaient les résultats du premier spermogramme ? ". "Négatif ; ils n'avaient rien retrouvé... ". "Nous sommes désolés, mais, cette fois-ci également, nous n'avons rien retrouvé... ". Et voilà ! La malchance nous poursuit. Zéro... encore une fois.

Il faut patienter jusqu'à la réception des résultats de la prise de sang. On n'a pas longtemps à attendre. Ils sont dans la boîte aux lettres. La testostérone est normale. En revanche, la FSH est à 25.70ui (la limite maximale normale pour un homme est fixée à 12.00 environ) ; la LH, à 7.50ui et l'inhibine B, à moins de 15pg/ml. Résultats anormaux. Une FSH élevée, combinée à une inhibine très basse laisse supposer un problème d'altération dans la fabrication des spermatozoïdes. On espérait un problème de tuyauterie, une azoospermie excrétoire... On aura une azoospermie secrétoire, dite « non obstructive ». Un problème dans la fabrication même. Le pire des cas... Reste à voir si cela ne s'explique pas par un problème génétique. En décembre, nous recevons les résultats. Enfin, une bonne nouvelle : le caryotype est normal.

Nous revoyons l'urologue fin décembre, munis de tous ces résultats. Le verdict est sans appel : il faut tenter une biopsie. Avec les résultats hormonaux de mon conjoint, il reste très réaliste : on a entre 10 et 15% de chances de retrouver des spermatozoïdes. La biopsie testiculaire peut se faire soit « à froid », juste pour voir si on retrouve des spermatozoïdes, quitte à les congeler pour resservir plus tard dans le cadre d'une FIV-ICSI. Soit effectuer une FIV-ICSI avec une biopsie synchrone. L'avantage de la seconde solution, c'est de pouvoir peut être travailler avec du « frais ». L'inconvénient, c'est de me stimuler pour rien. Il est peu rassurant : chaque année, "entre 2 et 3% des femmes stimulées finissent en réanimation à cause d'une hyperstimulation des ovaires... ". Il termine l'entretien en nous rappelant que si, malheureusement la biopsie se révélait négative, il faudrait alors envisager le don de sperme ou l'adoption. Il nous conseille de reprendre rendez-vous avec mon gynécologue habituel pour parler de tout cela. On a rendez-vous en janvier 2007.

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On va tenter le tout pour le tout

2007: c'est une nouvelle année qui commence. Avec tout son lot de promesses, d'espoirs... et peut être encore, de déceptions. Je suis plutôt heureuse de voir se terminer une année qui n'a pas franchement été une réussite et d'en commencer une autre, au cours de laquelle, je l'espère, tous nos rêves les plus fous vont se concrétiser.

Nous commençons plutôt bien: rendez-vous chez mon gynécologue pour parler des modalités de notre tentative quelque peu spéciale. Notre choix s'est définitivement porté sur la FIV-ICSI avec biopsie synchrone. On préfère mettre toutes les chances de notre côté.

Pas vraiment évidente l'organisation on dirait! Mon médecin a l'air un peu "paumé" dans tout cela, ou plutôt, "inhabitué" à ce type de procédé. D'autant que lui-même et l'urologue ne semblent pas avoir communiqué ensemble... J'entends encore mon gynécologue me dire: "mais pourquoi êtes-vous venus aujourd'hui? Ce n'était pas la peine de reprendre rendez-vous avec moi! Il faut revoir l'urologue!". Et nous, énervés et désespérés de tous ces allers et retours, de répondre: "non, non, non! L'urologue nous a bien dit de prendre rendez-vous avec vous pour parler de toutes ces possibilités puis ensuite de le recontacter, au premier jour de ma stimulation, pour planifier la biopsie...". Heureusement, tout rentre dans l'ordre. Mon médecin me donne le numéro de téléphone de son assistante, chargée de "tout" organiser. Elle m'expédie toutes mes ordonnances. Bien entendu, je dois refaire, au préalable, mes prises de sang. Heureusement, le docteur m'épargne l'hystérographie. Pour compliquer le tout, je ne serai pas prise en charge par le même hôpital que mon conjoint, mais dans un autre, à quelques arrondissements de là. C'est même eux qui m'appellent fin janvier pour me dire que mon médecin les a appelés et qu'il faudrait que je me dépêche de prendre un rendez-vous chez eux pour ouvrir mon dossier. On bloque  la date du 19 mars 2007 pour une rencontre avec la sage-femme et l'anesthésiste. Simultanément, je rappelle l'autre hôpital pour arrêter une date pour la visite d'anesthésie de mon conjoint. J'appelle enfin le laboratoire spécialisé pour caler un rendez-vous avec le biologiste (par chance, on obtient un rendez-vous le 19 mars également !). Toutes ces formalités sont obligatoires avant de pouvoir commencer la tentative.

C'est à partir de ce moment de l'année que je deviens un vrai standard téléphonique et une photocopieuse hors pair ! J'appelle tout à tour le laboratoire, l'assistante, l'hôpital. Ils m'appellent, me rappellent... Evidemment, ils travaillent aux mêmes horaires que moi tous ces gens là. Je dois les contacter la journée, au travail. Je m'enferme, mais mes collègues ne se gênent pas pour entrer, après avoir discrètement frappé, histoire de. En même temps, je ne suis pas sensée passer des coups de fils personnels au bureau. Je dois aussi constituer tous les dossiers de PMA : ordonnances, résultats d'examens médicaux (prises de sang, hystérographie, spermogrammes...), copies de nos cartes d'identités, de sécurité sociale, de mutuelle, attestations de prise en charge à 100%, photos, attestation de vie commune de plus de 2 ans, consentements mutuels pour la réalisation des actes de PMA... Tout en double, voire triple - puisque qu'il y a 2 hôpitaux et un laboratoire - et tout ça, pour moi et pour lui ! Mon dossier « gynéco » se transforme en une grosse chemise plastique « PMA », que je trimballe plus que jamais partout, dans mon sac, et à laquelle je tiens comma la prunelle de mes yeux ! Ils peuvent m'appeler à n'importe quel moment de la journée et je dois pouvoir répondre.

A chaque rendez-vous, on présente notre dossier. Tour à tour, les membres de « notre » équipe médicale inspectent le dossier et s'arrêtent à la moindre pièce manquante. Heureusement, j'ai bien travaillé. Il ne manque rien à chaque fois : j'ai tout dans mon dossier. Ces rencontres ne sont pas très instructives. Nous sommes, en fait, assez bien documentés grâce au net. Nous sommes déçus, par exemple, du rendez-vous avec la biologiste. Nous n'apprenons rien de nouveau. La rencontre dure à peine plus de 10 minutes, dans un bureau glacial, dans un vieil immeuble parisien. Elle nous réexplique simplement le déroulement d'une FIV: ma stimulation et le fait que je vais avoir des ovaires "gros comme des oranges", la biopsie de mon conjoint, l'éventuelle fécondation, le fait de rappeler le laboratoire le lendemain après-midi pour avoir les premiers résultats... A notre question: "avez-vous déjà vu des biopsies positives avec de tels taux hormonaux?", elle nous répond: "oui, ca s'est déjà vu". C'est tout. Tant d'attente pour ça.  Le rendez-vous avec "ma" sage-femme, en revanche, est plus sympathique. Elle me paraît très bien. Elle écoute, rentre toutes les données dans son ordinateur. Elle plaisante. Je la revois encore me houspiller parce que je réponds à toutes les questions, y compris celles posées à mon conjoint! "Mais vous allez le laisser parler cet homme enfin... Il peut se débrouiller tout seul, il est assez grand!". En même temps, je suis très calée sur notre cas médical, depuis tous ces longs mois... Lui, un peu moins. Nous sortons tout de même satisfaits. Les visites d'anesthésie, quant à elles, restent des visites... d'anesthésie ! Rien de spécial, sauf qu'on peut noter des différences de protocoles entre les 2 hôpitaux. Mon conjoint doit par exemple repasser une autre prise de sang (sédimentation et vitesse du sang...); moi, non. Pardon une nouvelle fois pour le trou de la sécu...

Après ces longues et nombreuses (et parfois douloureuses et fatiguantes) formalités administratives qui se terminent fin mars, on va pouvoir commencer notre tentative de FIV-ICSI. J'attends mon prochain cycle pour attaquer la stimulation.

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Un combat tant médical que psychologique

Je crois que je l'ai dit plus haut : il faut vivre les difficultés de l'infertilité pour pouvoir mieux les comprendre. C'est la raison pour laquelle j'ai fait le choix d'écrire mon histoire. Et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'en parler autour de moi. Je n'ai pas envie de faire culpabiliser les gens, mais j'ai juste envie de les "sensibiliser" aux problèmes de l'infertilité, voire de la stérilité, pour qu'ils essaient de faire plus attention à leur entourage. Regardez autour de vous : je suis sûre qu'il y a dans votre périmètre de connaissances des couples sans enfants, seuls, tristes. Peut être qu'eux aussi ont des difficultés à concevoir...

Il n'y a rien de pire pour les couples infertiles que d'entendre les sempiternels : "et vous, c'est pour quand ?", "vous avez perdu le mode d'emploi ?", "ça ne vient pas parce que vous y pensez trop !"... J'en passe et des meilleures. C'est extrêmement rageant. Alors, si : on a sauté le pas, on a trouvé le mode d'emploi, on l'a même retourné dans tous les sens, et rien n'est psychologique dans notre affaire, il y a de réels problèmes physiques.

Ce genre de phrases nous ramène involontairement (et parfois volontairement, j'en ai vus !) devant notre incapacité à donner la vie. C'est démoralisant et parfois même destructeur. On essaie justement de ne pas penser à nos problèmes, de s'ouvrir plutôt au monde environnant, d'y trouver des nouveaux repères et ces petites assassines de 5 ou 6 mots à peine nous confrontent au vide créé par l'absence d'un petit « bout de nous ». On ressent alors presque quotidiennement un manque, le manque de quelqu'un qui fait partie de nous mais qui n'est pas encore là. Pas une minute sans y penser. On est dans une sorte de bulle où le temps s'est arrêté. On ne profite plus du moment présent, mais on est toujours dans le projeté, le prévisionnel. Et pendant ce temps, la vie, elle, continue tout autour de soi. On « sort » de la réalité, comme déconnectée de la vraie vie. Parce que la vraie vie pour nous n'a pas encore eu lieu.

En parlant de vie, on se sent souvent idiote, en tant que femme, à éprouver de la jalousie et de l'envie face aux femmes enceintes. Un ventre rond... et on devient dingue ! Dingue d'avoir le sien désespérément plat. Plusieurs fois, je me suis surprise à dire : "et elle, elle l'a mérité ?". Ou alors, quelque chose que je fais souvent : je regarde les magasines people et je compte les stars qui ont déjà des bébés, et surtout l'âge auquel elles ont eu le premier. Si elles sont plus âgées que moi, ça va ; si, au contraire, elles sont plus jeunes, ça m'attriste. Je sais : c'est nul. On le sait qu'on est nulles, mais c'est plus fort que nous. Heureusement, ce genre de réflexions égoïstes s'estompent au fil du temps. Et petit à petit, on se réjouit des naissances autour de nous. A plusieurs reprises, j'ai pleuré en pensant à tout cela. Mon conjoint, dans toute sa force, m'a dit un jour : "heureusement qu'il y a des grossesses, heureusement qu'il y a des bébés, heureusement qu'il y a des gens - la grande majorité - qui y parviennent sans souci. La vie se perpétue". Je pense souvent à cette phrase et ça m'aide beaucoup dans mes moments de cafard. Je suis devenue plus sage, plus réaliste, plus patiente, plus compréhensive et moins envieuse. Mais je suis toujours révoltée par les histoires d'infanticide et d'abandon. Je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse tuer ou abandonner dans la rue comme un vulgaire paquet le petit être qu'on vient de mettre au monde, qu'on a porté 9 mois, qui est une part de nous. Si on n'en veut pas, on peut s'orienter vers une association ou un orphelinat, pour faire le bonheur d'un couple qui ne peut pas avoir le sien. Je reste également très troublée par les avortements. Je ne parle évidemment pas de ceux qui sont la conséquence d'une histoire tragique. Mais des autres. Une jeune amie (23 ans) redoutait un jour d'être enceinte, parce que son chéri ne le souhaitait pas dans l'immédiat, alors qu'ils étaient tous les deux installés. Quand je lui ai demandé ce qu'elle ferait si c'était le cas, elle m'a répondu : "je ne le garderais pas. On recommencera quand on sera prêt : 6 mois, un an plus tard... " J'ai essayé de lui dire de faire attention, peut être que cela n'aurait plus jamais lieu. Ca m'a fendu le cœur, ça m'a rendue très triste.

Il faut aussi se battre contre soi-même, contre ses démons. C'est un combat plus personnel que "collectif" d'ailleurs. Souvent, je me sens vide, creuse, sans intérêt. J'ai l'impression qu'à 27 ans, ma vie n'a pas commencé. Parfois, j'ai peur qu'elle ne commence jamais. Il me manque quelqu'un. Je l'imagine souvent ce "quelqu'un", tous les jours pour ainsi dire, depuis novembre 2003 : son visage, sa chambre, ses mimiques, comment je pourrais l'habiller, jouer, ses premiers rires, ses premiers pas, son premier "maman", son premier "papa"... J'ai peur que tout cela n'arrive jamais. Je crois que je ne pourrais pas m'en remettre. J'étais autrefois extrêmement carriériste. Je ne le suis plus. Et si mon destin de femme - celui d'être mère - ne s'accomplissait pas, je serai extrêmement malheureuse. Souvent, je me mens à moi-même, pour mieux faire passer la pilule : "et de toutes façons, que restera-t-il après toi ? Rien... ". Depuis toutes ces années, je me suis persuadée, alors que je ne le souhaite pour rien au monde, que je n'étais physiquement pas faite pour cela, que mon corps n'était pas fait pour accueillir un enfant. Je me suis aussi dit que si la nature en avait décidé ainsi, c'est que je serais sans doute une mauvaise mère. Tout ceci tend à disparaître maintenant. Aujourd'hui, je suis presque sûre que toutes les femmes sont faites pour enfanter, qu'elles sont ou seront toutes de merveilleuses mères. C'est juste un concours de circonstances. Il faut savoir se montrer patiente, c'est tout. Mieux, je me dis que je suis courageuse, que mon conjoint est courageux, pour traverser ensemble, main dans la main, toutes ses étapes. C'est la plus belle preuve d'amour qui soit pour son futur enfant. En fait, nous sommes déjà maman ou papa de quelque chose.

C'est un combat qui nous plonge, inconsciemment dans la tourmente. C'est très violent. Mes mots, mes impressions ici sont crus, je m'en rends compte. J'espère simplement qu'avec mon histoire vous pourrez mieux comprendre les couples en détresse autour de vous, pour les soutenir, parce qu'ils en ont grand besoin. On se sent plus forts, plus courageux avec le soutien de nos proches, famille et amis. On traverse mieux les épreuves. On les accepte mieux. On perçoit plus de choses, car on n'est moins isolés. L'amour nous fait beaucoup de bien. C'est même vital. Je sais que c'est loin d'être un problème de société pour le moment; l'infertilité reste extrêmement méconnue. J'aimerais juste qu'elle le devienne un peu, pour aider ces milliers de couples infertiles démunis, qui galèrent, jour après jour, qui pleurent, qui se désolent, qui se séparent parfois... Tout cela parce qu'ils n'aspirent qu'à une seule chose: devenir parents. Ca peut paraitre bête, mais pour nous aujourd'hui, couples infertiles, c'est un rêve quasi-inaccessible.

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On y est : notre première FIV-ICSI

Mon médecin-gynécologue personnel a choisi pour moi un protocole de stimulation dit "long". Cela consiste à d'abord injecter un premier produit pour bien "bloquer" les ovaires afin qu'ils ne répondent plus du tout à la commande de fabrication des follicules, puis à injecter un autre produit pour multiplier et accélérer la croissance des follicules, futurs ovocytes. La première partie permet, du coup, de mieux maîtriser la deuxième. Ces traitements sont extrêmement lourds et ils ne doivent pas être pris à la légère. Mal suivis, ils peuvent avoir des conséquences gravidiques. La première d'entre elles est l'hyperstimulation, c'est-à-dire que les ovaires ont produit trop et trop vite des follicules. Un bon suivi médical (prises de sang régulières - au moins tous les 2/3 jours à partir du 6ème jour de stimulation - et échographies) permet d'éviter une aggravation de ce phénomène. Bien entendu, en cas de suspicion d'hyperstimulation, il faut tout arrêter et se reposer le plus possible. Heureusement, les centres de P.M.A. ont l'habitude, les médecins sont rompus à l'exercice et les cas gravidiques d'hyperstimulation sont extrêmement rares.

Je commence mes piqûres de blocage le 22 avril 2007, au 21ème jour de mon cycle ; le médecin suppose donc que j'ai déjà ovulé. Les follicules et ovocytes produits il y a quelques jours vont donc se désagréger et former le corps jaune, à l'origine des règles. J'en ai pour une quinzaine de jours. J'ai choisi de ne pas me faire les piqûres moi-même. Beaucoup d'amies le font chez elle. Peut-être une légère appréhension de ma part... Quoi qu'il en soit, j'ai la chance d'avoir un cabinet d'infirmières à 5 minutes à pieds de mon travail. Elles font une permanence tous les soirs de 17h45 à 18h15. Ca m'oblige à sortir à l'heure du travail : finies les heures sup' ! J'essaye d'arriver la première sinon, il y a une attente pas possible. Les infirmières sont super gentilles, tout se passe bien. Je commence à avoir les premiers "bleus" sur le ventre. Il gonfle à vu d'œil. Ce sont les principaux inconvénients de ces traitements.

Au bout de 15 jours, je me rends chez mon médecin. Il me fait une échographie pour voir si le blocage des ovaires a bien fonctionné. A première vue, non. Pas encore. Ce résultat visuel doit être complété par le résultat de la prise de sang faite le matin même. J'attends donc son coup de fil dans l'après midi pour connaître la marche à suivre. Je continue les piqûres de blocage quelques jours de plus.

Nouveau contrôle le 7 mai au matin, mais cette fois-ci directement à l'hôpital, à Paris, mon médecin n'est pas là. J'ai rendez-vous à 8h30. J'arrive à 8h00: un monde pas possible ! Je ne suis pas prête de passer. Ca me fait enrager. Je vais encore être en retard au travail. A l'échographie, tout va bien. L'endomètre est bien fin, les ovaires bien "endormis". La sage-femme qui m'ausculte me dit même : "vous avez tout ce qu'il faut là où il faut pour bien réagir à la stimulation !". Chouette, une bonne nouvelle. Pareil : il faut tout de même attendre les résultats de la prise de sang, faite le matin même. Je sors de là, il est 10h30: je suis bien en retard au travail. Encore une fois... La sage-femme doit me rappeler en fin de journée pour me dire quoi faire, quel produit prendre. 17h30, mon téléphone sonne: je continue le "blocage" encore 2 jours. Au troisième, j'attaque. Enfin!

Je commence donc la "vraie" stimulation le 10 mai. Je dois faire un premier contrôle (prise de sang et échographie) le 15. Je sens déjà, au bout de 2 jours de piqûres, que l'ovaire gauche est en train de "performer". D'habitude, c'est tout le temps le droit. Pour une fois... Là encore, mon médecin n'est pas là, je dois aller à l'hôpital. Les débuts sont encourageants : comme je le sentais, 6 follicules entre 10 et 11 mm se développent sur l'ovaire gauche, et 2, à droite (environ 10 mm). L'endomètre est à 8.4. Je vais donc continuer quelques jours de plus la stimulation. Mais ça devrait aller relativement vite. J'ai le ventre de plus en plus gonflé. On dirait que je suis enceinte d'au moins 6 mois ! Avec toutes mes absences matinales et ce ventre pas possible, mes collègues vont commencer à se poser des questions, et certainement pas les bonnes... Enfin, je continue, l'air de rien.

Trois jours plus tard, je retourne voir mon gynécologue. L'échographie montre dorénavant 8 follicules à gauche et 4, à droite. Ils sont presque tous matures. De tels résultats semblent ravir mon médecin qui m'imprime même l'échographie et me remontre les très belles tâches brunes sur les ovaires à plusieurs reprises. "C'est très beau, très bien... Très beau !". A titre de comparaison, une femme non stimulée, en cycle normal, produit généralement 1, plus rarement 2, ovocyte(s) par mois. J'en suis à plus d'une dizaine. Ca en fait des bébés en puissance! La LH est à 1.03, l'oestradiol à 1227 et la progestérone à 1.27. C'est imminent; l'oestradiol est bien haut (on dit qu'un follicule mature = 200). Je suppose que le laboratoire a faxé les résultats à mon gynécologue qui doit m'indiquer la marche à suivre. 17h45, alors que je dois aller faire ma piqûre, personne ne m'a appelé. Je panique, d'autant que les piqûres doivent toujours être faites à la même heure. Je décide de me rendre directement à son cabinet. Je préviens l'infirmière que je vais être en retard. Evidemment, plein de femmes enceintes attendent dans sa salle d'attente. Je profite qu'il sorte de son bureau pour lui sauter dessus : "votre fax ne marche plus, et vous n'avez pas récupéré vos lignes... L'infirmière m'attend, et je ne sais pas quoi faire... ". Il me fait me rasseoir, prend une autre patiente. Et j'attends, là, paniquée... Il est 18h05. Il ressort et me fait rentrer. Il m'annonce tout de go : "vous faites la piqûre de déclenchement samedi soir à 21h00. On fait votre ponction et la biopsie de votre conjoint lundi matin". Je reste comme 2 ronds de flan. Je pars en catastrophe à la piqûre et du coup, j'ai oublié de demander plein de trucs à mon médecin. Je ressors de l'infirmière à 18h30. J'essaie d'appeler l'assistante de mon gynécologue pour caler les derniers préparatifs. Personne. J'essaie d'appeler les deux hôpitaux avant le week-end pour les prévenir qu'on débarque avec mon conjoint lundi matin. Ils sont tous partis et ne travaillent pas le samedi. Je suis catastrophée. Paniquée. Je fonds en larme à la maison. Mon conjoint hurle : "mais c'est quoi cette organisation ? C'est pas possible !". Je suis désespérée. Heureusement, l'assistante me rappelle à 20h00 : le médecin s'est trompé avec tous ces jours fériés du mois de mai. Je ne déclenche pas samedi soir, mais dimanche soir. Nous serons donc opérés mardi 22 mai au matin.

Je fais ma dernière piqûre de stimulation le samedi à 18h00. L'infirmière m'apprend à me piquer toute seule, parce qu'elle ne se déplace pas, tard en soirée pour faire les domiciles. Elle ne pourra donc pas me faire la piqûre de déclenchement, qui se fait forcément en fin de soirée, voire la nuit; la ponction ovocytaire devant forcément intervenir 36 heures plus tard au maximum.

Arrive le dimanche, 21h00. J'attrape l'ultime seringue, celle qui va tout déclencher et libérer mes ovaires de tous ces petits espoirs ronds. Libérer mon ventre de cet énorme gonflement. Je suis toute seule dans la salle de bains. Je me pique dans le ventre. J'ai l'impression d'être une "toxicomane", de faire un truc pas bien. C'est bizarre. L'instant est presque pathétique. Tout est joué. Ne reste plus qu'à patienter jusqu'au mardi 22 mai 2007.

Je rentrerai la première au bloc, vers 7h30/8h00. Ma mère m'accompagnera. Mon conjoint, lui, devra se rendre dans son hôpital vers 9h30, pour y être opéré en fin de programme, vers 12h00/13h00. Sa grand-mère, sa tante et son père l'accompagneront. On sera tous les deux séparés, à un instant si important de notre vie. Un moment où d'ordinaire presque tous les couples s'unissent dans l'amour, enlacés l'un avec l'autre, avec l'envie et la ferme intention de devenir trois.

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