Dimanche 3 Juin 2007
Quatrième médecin: on avance enfin !
Par enquetedetoi, Dimanche 3 Juin 2007 à 13:45 GMT+2 dans Mon histoire
Janvier 2006 : j'ai rendez-vous avec un nouveau spécialiste, qui a grande réputation. Il est tout près de chez moi. Je regrette déjà de n'avoir pas pris rendez-vous avant. On y va tous les deux. L'homme est austère aux premiers abords : je crains le pire. Il se découvre pendant la rencontre : il est plutôt rigolo, mais reste très professionnel. Enfin, je me sens en confiance. Et me voilà repartie avec mon dossier "gynéco" : je sors mes courbes, mes échos, le résultat du test de Hühner... et il m'arrête tout de suite ! "Tout ça, ça ne veut rien dire pour moi. Je m'en fous ! Madame, avez-vous fait les dosages hormonaux au 3ème jour du cycle ? Avez-vous fait une hystérographie ? Monsieur, avez-vous fait un spermogramme ? Non ?! Faites ces 3 examens, c'est le B.A.-BA. en procréation médicalement assistée. Et revenez me voir ensuite !". Je sors avec mes ordonnances à la main, et je prends d'emblée rendez-vous pour moi. Je laisse cogiter mon conjoint sur la nécessité, l'obligation de réaliser ce foutu spermogramme. On a déjà trop attendu.
J'attends le bon moment du prochain cycle, et je fais ma prise de sang, au 3ème jour du cycle. Les résultats tombent : tout est presque normal. Les ovaires montrent juste qu'ils sont un peu flemmards sur les bords. Mais c'est pas une nouveauté : j'ai toujours eu des cycles à rallonge. Mon rendez-vous pour l'hystérographie approche. J'ai décidé de la faire dans un centre de radiologie tout près de chez moi. Avec le recul, je me dis que j'aurais dû aller ailleurs car ça n'a pas été une partie de plaisir. L'examen consiste à injecter un produit froid dans le vagin, sur la table de radiologie, et voir comment il circule dans les trompes jusqu'aux ovaires. Il permet de voir si les trompes de Fallope ne sont pas bouchées, ce qui peut expliquer l'absence de grossesse. Les laborantines s'y prennent à plusieurs reprises, c'est franchement pas agréable. Quoi qu'il en soit, rien à signaler. Me voilà déjà rassurée sur mon cas.
Mon conjoint se décide enfin pour le spermogramme. Il a réussi à passer par-dessus les préjugés du type "les hommes qui font un spermogramme sont des impuissants".Oui, ça vous fait peut être sourire, mais j'ai quelqu'un dans ma propre famille qui m'a dit un jour, au courant de mes problèmes, que son chéri avait dit qu'il ne ferait jamais de spermogramme, car "c'était trop la honte !". Il a eu de la chance : il a eu un fils, sans passer par là. Mais s'il avait été obligé, il aurait fait comment ? Bref... La bêtise humaine est aussi l'un des combats de la P.M.A. Là, aussi, ça n'a pas été une partie de plaisir. Le matin du rendez-vous - oui, cet examen se fait vers 7h30, à l'heure d'un désir bien programmé et "médicalisé", et donc pas spontané - , il n'est pas très serein. Il sent qu'il ne va pas réussir. Le voilà seul dans la cabine. Trop de bruit autour, il entend tout, trop de lumière et un local qui s'apparente plus à un vestiaire du personnel qu'à une petite pièce intime propice à ce recueil obligatoire. Il ressort au bout de 20 minutes, sans rien. Il n'a pas réussi. Les négociations commencent alors avec le médecin : y'a-t-il possibilité de le faire à domicile et de ramener le tout très vite ? Il nous répond d'abord non, puis voyant notre désarroi, il nous autorise à faire ainsi le lendemain.
On est le matin : je décide de le laisser seul à la maison, j'attends dans la voiture. Il m'appellera lorsqu'il aura fini. J'attends bien 1 heure, au froid, dans la voiture. Je suis désespérée. Je crains qu'il n'y soit pas arrivé une nouvelle fois. Mais le téléphone sonne enfin, je remonte chercher le précieux bocal et je me mets en route. Il faut faire attention : il faut garder l'échantillon au chaud, près de soi, et veiller à ne pas trop le bousculer. Le tout en moins de 20 minutes. J'y arrive.
Commence alors l'attente des résultats, très angoissante. Une semaine au total. L'un des pires moments. De quoi se poser les pires questions. Que vont révéler les résultats ? Vont-ils trouver des spermatozoïdes? Dans quel état? Et si non? Que va-t-on faire? Quelles sont les suites? Pour notre couple? Pour lui? Pour moi? Va-t-on rester ensemble? Va-t-on nous donner de l'espoir ? Quelles causes? Quelles solutions? Tout se chamboule et on ressent un vague sentiment d'écoeurement. D'autant que pour les autres, la vie continue. Ils ne connaissent pas ces problèmes. Ils sont à mille lieues de penser que nous, on en est là. Je sais qu'on est sur le point de vivre un point de non-retour : la quasi-certitude de devoir passer par le milieu médical pour enfin pouvoir procréer. Ca me donne le tournis, la nausée : la chose la plus simple et la plus naturelle du monde devient un rêve presque impossible pour nous, nous qui nous aimons par dessus tout et qui n'aspirons qu'à une seule chose: devenir enfin parents.
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