2 ans après...
2 ans… Mes enfants fêtent bientôt leurs 2 ans…. Et cependant, j’ai l’impression d’avoir accouché hier.
Avec les enfants, mon temps passe bien différemment que pendant toutes ces années où l’attente ne faisait que rimer avec tristesse. J’étais dans un train à vapeur, je suis maintenant dans un T.G.V. ! J’ai l’impression d’être ingrate parfois, d’oublier trop facilement ces jours d’inquiétude, d’angoisse, de colère, de jalousie. Mais il faut bien le dire : on oublie. On oublie les mauvais moments. On les croit pourtant tellement ancrés en nous au moment où on les vit… Oui, on oublie tout. Enfin presque. Je suis contente d'avoir écrit notre histoire car il me reste quelque chose de tous ces détails qui paraissaient immenses à l’époque, mais qui sont devenus si petits, si minuscules, si anecdotiques. J'ai occulté beaucoup de choses. Oui, presque tout s'est envolé. Je sais que j'ai beaucoup pleuré, mais je ne me souviens plus ni comment, ni quand, ni combien de fois... Avant, j’étais dans l’espoir. Aujourd’hui, je suis dans le quotidien. Avant, je me raccrochais à la moindre petite lueur éclairant notre ciel. Aujourd’hui, on fait face à nos nouvelles responsabilités de parents.
Et le don dans tout ça ? Personnellement, je n’y pense pratiquement jamais. J’ai, devant moi, chaque jour, deux enfants qui ressemblent tellement à leur papa et à leur maman, tant physiquement que dans leur manière d’être, que la situation est à mon sens tout ce qu’il y a de plus normal et de plus commun. Pour mon conjoint, je dirais que c’est presque la même chose. Presque oui, il y a toujours une petite différence entre lui et moi. Pour moi, tout a toujours été plus facile dans notre histoire. Quelquefois, son visage s’assombrit et il me lâche, entre deux soupirs, un triste « quelle horreur ce jour où l’on va leur apprendre la vérité… » Mais ce n’est que l’expression d’un chagrin d’amour anticipé. Ses enfants, il les aime. Il les adore. Plus que tout. Il ne s’est pas passé un jour depuis leur naissance sans qui leur clame son amour infini.
" Mais qui c’est les deux bébés d’amour à papa ? ", en les serrant très fort contre lui, avec une voix encore plus nasillarde que la mienne…
" Ah ça, c’est bien la fille de son père ! Je la reconnais bien ! ", en riant bêtement de complicité, tant le père et la fille ont les mêmes mimiques hallucinantes…
"Je t’aime mon fils d’amour ! ", les yeux dans les yeux, dans une toute petite bulle de tendresse où le temps s’est suspendu…
Pas un seul jour où il a regretté notre chemin sinueux.
Si nous n'avions pas fait tout ça, ensemble, main dans la main, nos enfants ne seraient pas là. Ils n'existeraient pas sans lui ! Oui, aucun doute là-dessus : c'est bel et bien lui LE père.
Du côté de l'entourage, la situation est parfaitement normale également. Plus personne ne m'en parle, parce que tout simplement, plus personne n'y pense !
Et du côté des inconnus, je ne compte même plus le nombre de fois où on m'a dit : "Mon Dieu, que votre fille ressemble à son père!" ou "Oh, ce petit garçon est le portrait craché de son papa!". Ca arrive tellement fréquemment. Les CECOS font donc quand même bien les choses !
Il me semble qu’on dit (quand on procrée "normalement" bien que je n'aime pas du tout ce terme...) que l'on transmet 1/3 de la ressemblance physique et 2/3 de code génétique et de maladies. Franchement, la ressemblance physique, c'est tellement subjectif, que je trouve qu'en fait, dans le cadre d'un lien de parenté "commun", on ne transmet au final pas grand chose... Untel trouve que je ressemble à ma mère alors que deuxtel dit que je ressemble à mon père... Soit. Et alors ? Reste le code génétique, donc les maladies. Est-ce vraiment un si bel héritage ? Non, le vrai héritage, c'est celui de l'histoire du désir d'enfanter, d'élever et d'éduquer avec ses propres valeurs. Celles la mêmes qui font que vous vous êtes rapprochés un jour votre conjoint et vous. C'est tout cela que l’on transmet véritablement. Un enfant s'en sort-il bien dans la vie parce qu'il ressemble à l'un ou l'autre de ses parents ou parce qu'il est bien élevé, gentil, respectueux des êtres et des choses, curieux... ? Pour moi, il n’y a pas photo. Et tout ça, ce sont son papa et sa maman qui lui ont appris parce qu'eux mêmes l'avaient déjà appris de leurs propres parents. Le vrai héritage, c'est bien celui de la transmission.
Plus légèrement, je ne vais pas vous faire croire que je vis dans un monde tout rose, fait de paillettes et d’arcs-en-ciel, où les maisons seraient en chocolat et les nuages en barbapapa. Le quotidien me… tue ! Je ne soupçonnais pas mes qualités de mégaphone et de gyrophare, ni même mon troisième et quatrième œil, là sur mon front et dans mon dos... Je suis en alerte perpétuelle, prête à bondir telle une hyène affamée sur sa proie ! Ma balayette, ma pelle et mon aspirateur sont devenus mes meilleurs amis. Grand est mon bonheur d’aller me coucher à 20h15 tous les soirs en me jetant de tout mon long sur mon cher et tendre lit ! Et les différents relatifs à l’éducation dans le couple ? Hummmm… Un vrai régal ! Mais je l’ai tellement rêvé tout ça que dès que je ferme les yeux, je savoure. Je savoure ma fatigue, je savoure mes maux de crâne, je savoure mon dos cassé, je savoure mon manque d’organisation… Et je souris.
C’est bientôt Noël. Les enfants commencent à parler. Ils attendent le « Papa Yoyo ». Ils ouvrent leur calendrier de l’avent avec délectation depuis hier. Ils ont participé aux achats de décoration du sapin et vont bientôt le décorer. J’écris ces quelques mots, tout petits mots du vocabulaire courant, et des larmes de joie roulent sur mes joues. J’embrasse le bonheur tous les jours depuis presque 2 ans et souhaite évidemment qu’à votre tour, il se décide enfin à frapper à votre porte.
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Par enquetedetoi, Vendredi 2 Decembre 2011 à 15:18 GMT+2 dans Mon histoire (article, RSS)

