Le jour de ma 1ère insémination (2ème partie)
Déjà deux personnes dans la salle d’attente. Pourvu qu’il me prenne avant 12h30. Il reste 1 heure. Mon conjoint arrive et s’assoit près de moi. Au bout de vingt minutes, la porte s’ouvre : mon gynécologue passe la tête, me voit, mais prend une autre dame. En même temps, c’est un peu normal. Je patiente. 12h05 : la porte s’ouvre, il me pointe du doigt : « A nous ! ». Je me lève, saisit délicatement mon sac à dos, et m’engouffre dans son cabinet.
« Vous avez des petites choses pour moi ? ». J’ouvre mon sac à dos et lui tend la thermos. Il la saisit et l’amène près de son évier. Je lui tends les papiers que m‘a donnés le CECOS 1 heure avant. Il désire regarder les caractéristiques de la paillette. 4 millions de spermatozoïdes dans cette petite paillette, 50 % progressifs avant congélation, 30 % après. « C’est pas mal du tout tout cela !... » Ouf, pour la 2ème fois de la journée, je suis rassurée. Je grimpe sur la table, en position gynécologique, avec les traditionnels matériels…« Détendez-vous ! ». Facile à dire mais pas facile à faire. Je ne vois rien du tout de ce qu’il fait. J’entends juste des bruits de thermos, de ciseau... Je pense qu’’il a coupé le bout de la paillette, mais qu’il s’y est repris à plusieurs fois. Je lui parle pendant tout ce temps.
« Vous en faites souvent des IAD ? »
« Oui… Pas tous les jours mais bien une fois par semaine ! »
« Une fois par semaine ?! C’est dingue, je ne pensais pas autant ! »
« Ne pensez pas que vous êtes seule… »
« Justement, ce matin, au CECOS, il y avait bien 4 ou 5 couples qui attendaient. C’est rassurant de sentir qu’on n‘est pas seuls… »
De nouveau des bruits de ciseau. Je lève la tête, et le voit revenir avec la tasse de la thermos. La paillette est dedans.
« J’ai peur que ce soit froid… »
« Mais non, mais non, y’a pas de raison… Allez, détendez-vous ! ».
Je reprends :
« Comment fait-on si ça ne marche pas ? »
« Il faut que ça marche… »
« Oui, mais si ça ne marche pas ? On enchaîne sur le cycle suivant ou on laisse passer un cycle de repos ? »
« Bon, normalement, on en parle pas de ça, tant qu’on n’a pas les résultats. Mais un cycle de repos c’est bien. Mais attention, en août, les centres de PMA ferment, et moi, je suis en congés… »
« Donc, une 2ème IAD pourrait avoir lieu en septembre… Plutôt fin septembre vu mes cycles… » (Là, c’est un peu un coup dur…)
« Bon, allez, ça m’a l’air suffisamment détendu. Ca va ? Tout va bien ? Vous n’avez pas trop mal ? »
« Non, non, ça va ». (J’ai un petit peu mal quand même).
« Voilà, c’est fait. Restez quelques secondes allongée… Vous risquez de constater un petit écoulement ; c’est normal, ne vous inquiétez pas »
Voilà. A ce moment, j’imagine la formidable course du tiers des 4 millions de spermatozoïdes pour monter jusqu’à mes 2 beaux ovocytes.
« Vous pouvez vous rhabiller ». Bon, là, je contorsionne comme une dingue pour me rhabiller. J’ai tellement peur qu’ils redescendent d’un coup que je fais tout les jambes serrées. Pas très académique, ni très esthétique… Hop, je me rassois très vite devant son bureau. Je lui demande quand je devrai faire ma prise de sang. Il prépare l’ordonnance. « Pas avant 2 semaines ! ». On sera lundi 7 juillet. C’est long…
Je fais mon chèque. Je range tous mes papiers, mon thermos. Il me tend la main : « On espère tous que ça fonctionne. Je ne veux pas vous revoir, hein ? »
Je sors et rejoins mon conjoint dans la salle d’attente. Il prend le sac. On rentre à pied, à la vitesse d’une limace très fainéante.
Arrivée à la maison, je m’allonge, 2 coussins sous les fesses. Je crois que j’ai dû garder la pose un peu plus d’une heure. Je ne fais pas le moindre effort de toute la journée.
Le lendemain, premières courbatures. Les reins. Les jambes. J’ai dû trop contracter lundi, trop crispée. Ou le stress. Ou les restes de traitement… Je suis mal au travail. J’annule un rendez-vous extérieur le matin. Je me traîne. Et je saigne. Pas abondamment, heureusement.
Nous sommes mercredi aujourd’hui. Toujours des courbatures. Encore des saignements ce matin. Mais dans l’ensemble ça va. Je ne ressens rien de particulier. De temps en temps, j’ai mal au ventre mais rien de plus. Le mental en pris un coup. Je me persuade que cette première fois n’est pas la bonne. Et de toutes les façons, j’ai comme l’intuition que ça ne marchera jamais. Je suis triste au lieu de me réjouir. Ca désole mon conjoint qui pense que le mental joue à 50% de la réussite. Sans doutes les hormones…
Par enquetedetoi, Mercredi 25 Juin 2008 à 15:03 GMT+2 dans Mon histoire (article, RSS)
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