Et dans un an, est-ce que j'aurais toujours envie ?
Nous sommes le 5 août 2007 et je n'ai plus envie. Je ne parviens pas à me l'expliquer. C'est comme si je me sentais plus prête. Je me sens presque bien de me dire que finalement, 27 ans, c'est encore trop jeune pour avoir un enfant. On est bien tous les deux. Je n'ai presque plus envie qu'une troisième personne vienne chambouler tout ce gentil schéma de vie. Je me persuade? Je fuis? Peut être la fameuse politique de l'autruche... Si "cet" enfant ne veut pas de nous, alors à quoi bon insister? Il sera malheureux avec nous. Il ne faut pas aller contre la nature. Elle en a décidé ainsi ; il faut se ranger derrière elle. Comme d'obéissants petits soldats.
Quelles peuvent être les causes de ce renoncement?
Peut-être qu'inconsciemment, j'ai envie de passer mon année à faire autre chose qu'à attendre. Attendre encore... J'ai envie de me tourner vers d'autres projets. Tiens, si je me réinvestissais dans mon association? Si je passais mon concours d'attaché territorial? Si je prenais soin de moi? J'ai arrêté toutes ces activités à cause de cet "hypothétique" enfant. Ce projet m'a empêchée de vivre pleinement ma vie. Le temps s'est arrêté. Pour rien. Je trépigne depuis 3 ans. Je fais du sur place. Je ne m'autorise plus rien. Je reste enfermée, j'évite tout ce qui présente un caractère "dangereux", j'économise... Ironie du sort. J'ai fait tout ceci pour rien. Alors j'ai envie d'en finir avec cette vie en autarcie, ces restrictions. Je lui en veux à cet enfant pour m'avoir fait croire qu'il arriverait prochainement et qu'il valait mieux que je réorganise ma vie en conséquence. Il n'est pas là, mais je lui en veux. Je mets la faute sur lui. Mais je me sens presque libérée.
Peut-être que, comme me l'a suggérée très justement une amie internaute, j'essaie de me mettre à égalité avec mon conjoint. Il ne peut pas avoir d'enfant? Très bien, je n'ai plus envie d'en avoir. On repart à zéro. On ne vivra que tous les deux. On est bien tous les deux. On n'a besoin de personne d'autre. Et puis moi, ça tombe bien, j'ai toujours pensé que je ne serais pas une bonne mère. Que je serais sans cesse à côté de la plaque. C'est que je ne suis pas faite pour cela. Voilà, elle est là l'explication : je me suis forcée à entreprendre quelque chose dont je n'avais pas envie, dont je n'étais même pas sûre. A quoi bon se forcer? C'est aller contre sa nature. J'ai voulu rentrer dans un moule, ressembler à toutes ces familles. Non, tout ceci n'est pas fait pour moi. Je n'ai pas besoin d'avoir un enfant dans les pattes.
L'autre soir, il y avait une émission télé sur le don de sperme. L'émission avec Mireille Dumas qui a fait tant de bruit. On est tombé dessus par hasard. On l'a regardé un petit peu. Mais au bout d'un moment, ça nous a donné la nausée à tous les deux. Il n'a cessé de répéter qu'il n'était pas prêt à tout cela. Je lui ai dis. J'ai dit que je n'avais plus envie. Que j'avais juste envie de profiter de lui maintenant. Il ne m'a pas cru. Il sait que pour moi, ne pas être maman un jour, c'est comme vivre sans une moitié de soi-même. C'est comme errer, à travers les gens, dans le monde, sans aucun but. Alors, il essaie d'avancer. Il sait qu'il ne peut pas me priver de cela. Il a presque envie de me dire de partir. De chercher et de trouver mon bonheur ailleurs. Mais moi, je n'ai pas envie. C'est avec lui que j'ai envie d'être. Alors peut être que c'est à moi de renoncer maintenant. Il faut peut être que j'arrête de me montrer égoïste.
C'est fou comme on parvient à se mentir à soi-même pour mieux accepter la réalité. Au fond de moi, je pense que tous ces questionnements sont normaux. Ce parcours n'est pas simple. Je regrette de n'avoir pas plus de clefs pour affronter cette situation. J'essaie de faire mon auto-analyse. Et souvent, je parviens à la conclusion que tout ceci est sans doute normal. Une étape presque obligée. D'abord l'espoir, puis la tristesse, la colère, la révolte, le renoncement, puis, un jour, lorsqu'on est prête et qu'on a vaillamment traversé toutes ces épreuves, l'acceptation. Alors, en regardant derrière moi, je me dis que je ne suis plus très loin. Je laisse venir les interrogations à moi, les doutes. Mais je ne les prends pas au sérieux. Enfin, j'essaie... Patience est la mère de toutes les vertus.
Il y a encore quelques mois, je n'aspirais qu'à devenir maman. Et là, je n'ai plus envie. Je n'ai goût à rien. Et dans un an alors, à l'heure du premier essai, est-ce que j'aurais toujours envie ?
.*´¨ )
¸.•´¸.•´¨) ¸.•*¨)
(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•
Par enquetedetoi, Dimanche 5 Aout 2007 à 11:08 GMT+2 dans Mon histoire (article, RSS)






