En quête de toi

Quelques jours entre parenthèses

Nous sommes le 1er juillet 2007. Je peux désormais reprendre le cours chronologique normal de notre histoire. Cela fait un peu plus d'un mois que nous avons appris la terrible nouvelle. Un mois et demi plus tard, notre malheur est toujours présent : on le voit chaque jour en face de nous. Ironique, trop puissant pour pouvoir lutter contre lui...

Mon conjoint est très touché. Je sais qu'il y pense sans cesse. La vue d'une famille le rend terriblement triste. Encore hier, il m'a dit qu'il avait vu un de ses collègues hommes danser avec son enfant, lors d'un bal populaire, et que ce spectacle si beau l'avait terriblement bouleversé. Je ne sais pas s'il commence à faire son "deuil". On en parle peu finalement. Le strict minimum. Au delà, il a trop mal. Je suis si triste pour lui. Si triste de n'avoir jamais cet enfant de nous. Ce sera un "nous" différent. Un "nous" résolument tourné vers l'amour, vers le don de soi, vers l'ouverture et la tolérance. Un "nous" qui oubliera que ce n'est pas un "nous" véritable, un "1+1=3"...  Ce sera un "1+1+1=3". Un gentil monsieur nous aidera à trouver le bonheur. Un monsieur avec un coeur gros comme ça. Merci monsieur par avance. Votre geste est très beau. Pour le moment, vous rendez fou de jalousie mon conjoint qui ne peut donner la vie, mais je suis sure qu'avec le temps, ses remerciements s'ajouteront aux miens. Il n'est pas tout à fait prêt pour le moment, mais vu les délais, il a le temps de se faire à cette idée. 

Pour ma part, j'ai remonté la pente assez facilement, je dirais. Les premiers jours ont été durs. Je me suis sentie impuissante à plusieurs reprises face à la mélancolie de mon conjoint. Et puis, je me suis mise à "penser différemment". A penser que notre petit bout, on l'aurait forcément un jour. Peut être pas dans les conditions "normales" - mais est-il permis dans notre cas de parler de normalité encore ? -, mais nous l'aurons ensemble, c'est sûr. C'est facile pour moi de dire ça. Moi qui, à priori, n'ai aucun problème ou des touts petits seulement. Moi, je pourrais avoir un enfant issu de mes gênes, avec peut-être mes traits physiques et mes traits de caractère. Je culpabilise souvent de mon bonheur, parce que finalement se dire qu'on aura un bout de soi un jour, c'est une chance énorme. J'en suis consciente. Mais je culpabilise de me dire de telles choses. Je ne les dis pas devant lui. Mais j'y pense souvent. J'ai parfois l'impression de me montrer trop impatiente. J'ai peur de lui faire mal, de lui donner l'impression que j'ai fait le deuil de notre enfant trop vite. J'avance. Je fonce tête baissée pour que l'attente soit la moins longue possible. Mais est-ce par amour pour lui, pour faire avancer notre couple sur le chemin du bonheur ? Est-ce du pur égoïsme de ma part? J'ai parfois du mal à faire la part des choses. Mais je continue quand même. A quoi bon trépigner, attendre encore et encore? La vérité éclatera par elle-même, avec le temps, je pense. Mes choix de maintenant trouveront prochainement leur justification. Je l'espère. Je n'ai pas envie que tout ceci soit vain. Il faut que je nous donne les moyens. Dans l'histoire, je suis la privilégiée, et donc, la plus forte. Alors, je continue d'avancer.

C'est ainsi que début juin j'ai contacté mon gynécologue personnel. Je voulais savoir s'il pouvait continuer à me suivre dans ce nouveau parcours. Je désirais également qu'il me conseille sur le choix d'un CECOS. Il m'a très vite répondu qu'il nous suivrait sans aucun problème, aussi longtemps que je le désirais. Ca m'a fait chaud au coeur. Alors, j'ai appelé les 3 CECOS parisiens. Je les ai interrogés tour à tour. Et j'ai finalement opté pour Cochin. Nous avons rendez-vous le 12 juillet 2007. Nous allons ouvrir notre dossier. Encore des papiers. Heureusement, avec la FIV, j'ai déjà tout. Le CECOS m'a annoncée 1 an de délai. Ca signifie que nous pourrons faire notre première insémination avec donneur (I.A.D.) à l'été 2008.

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Vos commentaires

1 Le Mercredi 4 Juillet 2007 à 23:11 GMT+2, par Dragibus66

ton blog, ta petite bulle, je viens de la découvrir, je me demandais de quoi parlais june.
j'en suis un peu bouleversée,j'en ai pleuré, je ne sais trop ce que tu peux ressentir...ca fait du bien de parler, je serais la si tu as besoin, même si en ce moment je ne suis peut-etre pas la personne la mieux placée, et je sais que mon etat peut te faire du mal.
Tu es quelqu'un de fort et d'optimiste, ce qui vous arrive c'est en quelque sorte un drame, mais tu es en bonne santé, ton homme aussi, et la roue tourne un jour tu sais... vivement pour toi que ce soit le plus rapidement possible.
je t'embrasse fort
dragi

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