On va tenter le tout pour le tout
2007: c'est une nouvelle année qui commence. Avec tout son lot de promesses, d'espoirs... et peut être encore, de déceptions. Je suis plutôt heureuse de voir se terminer une année qui n'a pas franchement été une réussite et d'en commencer une autre, au cours de laquelle, je l'espère, tous nos rêves les plus fous vont se concrétiser.
Nous commençons plutôt bien: rendez-vous chez mon gynécologue pour parler des modalités de notre tentative quelque peu spéciale. Notre choix s'est définitivement porté sur la FIV-ICSI avec biopsie synchrone. On préfère mettre toutes les chances de notre côté.
Pas vraiment évidente l'organisation on dirait! Mon médecin a l'air un peu "paumé" dans tout cela, ou plutôt, "inhabitué" à ce type de procédé. D'autant que lui-même et l'urologue ne semblent pas avoir communiqué ensemble... J'entends encore mon gynécologue me dire: "mais pourquoi êtes-vous venus aujourd'hui? Ce n'était pas la peine de reprendre rendez-vous avec moi! Il faut revoir l'urologue!". Et nous, énervés et désespérés de tous ces allers et retours, de répondre: "non, non, non! L'urologue nous a bien dit de prendre rendez-vous avec vous pour parler de toutes ces possibilités puis ensuite de le recontacter, au premier jour de ma stimulation, pour planifier la biopsie...". Heureusement, tout rentre dans l'ordre. Mon médecin me donne le numéro de téléphone de son assistante, chargée de "tout" organiser. Elle m'expédie toutes mes ordonnances. Bien entendu, je dois refaire, au préalable, mes prises de sang. Heureusement, le docteur m'épargne l'hystérographie. Pour compliquer le tout, je ne serai pas prise en charge par le même hôpital que mon conjoint, mais dans un autre, à quelques arrondissements de là. C'est même eux qui m'appellent fin janvier pour me dire que mon médecin les a appelés et qu'il faudrait que je me dépêche de prendre un rendez-vous chez eux pour ouvrir mon dossier. On bloque la date du 19 mars 2007 pour une rencontre avec la sage-femme et l'anesthésiste. Simultanément, je rappelle l'autre hôpital pour arrêter une date pour la visite d'anesthésie de mon conjoint. J'appelle enfin le laboratoire spécialisé pour caler un rendez-vous avec le biologiste (par chance, on obtient un rendez-vous le 19 mars également !). Toutes ces formalités sont obligatoires avant de pouvoir commencer la tentative.
C'est à partir de ce moment de l'année que je deviens un vrai standard téléphonique et une photocopieuse hors pair ! J'appelle tout à tour le laboratoire, l'assistante, l'hôpital. Ils m'appellent, me rappellent... Evidemment, ils travaillent aux mêmes horaires que moi tous ces gens là. Je dois les contacter la journée, au travail. Je m'enferme, mais mes collègues ne se gênent pas pour entrer, après avoir discrètement frappé, histoire de. En même temps, je ne suis pas sensée passer des coups de fils personnels au bureau. Je dois aussi constituer tous les dossiers de PMA : ordonnances, résultats d'examens médicaux (prises de sang, hystérographie, spermogrammes...), copies de nos cartes d'identités, de sécurité sociale, de mutuelle, attestations de prise en charge à 100%, photos, attestation de vie commune de plus de 2 ans, consentements mutuels pour la réalisation des actes de PMA... Tout en double, voire triple - puisque qu'il y a 2 hôpitaux et un laboratoire - et tout ça, pour moi et pour lui ! Mon dossier « gynéco » se transforme en une grosse chemise plastique « PMA », que je trimballe plus que jamais partout, dans mon sac, et à laquelle je tiens comma la prunelle de mes yeux ! Ils peuvent m'appeler à n'importe quel moment de la journée et je dois pouvoir répondre.
A chaque rendez-vous, on présente notre dossier. Tour à tour, les membres de « notre » équipe médicale inspectent le dossier et s'arrêtent à la moindre pièce manquante. Heureusement, j'ai bien travaillé. Il ne manque rien à chaque fois : j'ai tout dans mon dossier. Ces rencontres ne sont pas très instructives. Nous sommes, en fait, assez bien documentés grâce au net. Nous sommes déçus, par exemple, du rendez-vous avec la biologiste. Nous n'apprenons rien de nouveau. La rencontre dure à peine plus de 10 minutes, dans un bureau glacial, dans un vieil immeuble parisien. Elle nous réexplique simplement le déroulement d'une FIV: ma stimulation et le fait que je vais avoir des ovaires "gros comme des oranges", la biopsie de mon conjoint, l'éventuelle fécondation, le fait de rappeler le laboratoire le lendemain après-midi pour avoir les premiers résultats... A notre question: "avez-vous déjà vu des biopsies positives avec de tels taux hormonaux?", elle nous répond: "oui, ca s'est déjà vu". C'est tout. Tant d'attente pour ça. Le rendez-vous avec "ma" sage-femme, en revanche, est plus sympathique. Elle me paraît très bien. Elle écoute, rentre toutes les données dans son ordinateur. Elle plaisante. Je la revois encore me houspiller parce que je réponds à toutes les questions, y compris celles posées à mon conjoint! "Mais vous allez le laisser parler cet homme enfin... Il peut se débrouiller tout seul, il est assez grand!". En même temps, je suis très calée sur notre cas médical, depuis tous ces longs mois... Lui, un peu moins. Nous sortons tout de même satisfaits. Les visites d'anesthésie, quant à elles, restent des visites... d'anesthésie ! Rien de spécial, sauf qu'on peut noter des différences de protocoles entre les 2 hôpitaux. Mon conjoint doit par exemple repasser une autre prise de sang (sédimentation et vitesse du sang...); moi, non. Pardon une nouvelle fois pour le trou de la sécu...
Après ces longues et nombreuses (et parfois douloureuses et fatiguantes) formalités administratives qui se terminent fin mars, on va pouvoir commencer notre tentative de FIV-ICSI. J'attends mon prochain cycle pour attaquer la stimulation.
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Par enquetedetoi, Lundi 11 Juin 2007 à 20:51 GMT+2 dans Mon histoire (article, RSS)





