Premiers pas en centre de fertilité
Nous voilà enfin arrivés au 5 octobre 2006, jour de notre rendez-vous dans un grand hôpital parisien, cellule « P.M.A. (procréation médicalement assistée) ». Nous sommes plutôt contents d'être là. Une vague impression d'avancer, malgré la tourmente. Après avoir rempli toutes les formalités administratives obligatoires (inscription à l'hôpital, ouverture du dossier de mon conjoint au centre de fertilité...), nous voilà assis dans la salle d'attente. L'ambiance est plutôt chaleureuse. Sur les murs, des tas de photos de bébés : il y a même des jumeaux, des triplés... Elles sont toutes porteuses d'espoir. On s'y attarde. On les regarde avec tendresse. On est rassurés. On voit l'avenir un peu plus rose. On se prend à rêver : et si on en a deux d'un coup, qu'est-ce qu'on fait ? On les garde bien sûr ! On a tellement attendu. On rattrapera le temps perdu. J'arrêterais même de travailler...
Le médecin urologue nous appelle déjà. Un grand bonhomme austère, mince, très sérieux. On sent bien que c'est un professionnel. Il nous questionne. On ré-explique toute notre histoire. Pour le moment, il ne dit rien. Vient le moment de l' « inspection ». Pas franchement évident pour un homme de se dévoiler dans sa plus stricte intimité... Les testicules sont plus petits que la normale. Ce n'est pas très bon signe. Le docteur tique. En revanche, il sent bien les canaux déférents. Ca, c'est plutôt positif. Il n'en dit pas plus. Pas avant d'avoir des informations supplémentaires. On ressort 15 minutes après, avec une nouvelle ordonnance pour un spermogramme (le 1er est périmé ; il a plus de 6 mois) et des prises de sang pour vérifier les dosages hormonaux et faire faire un caryotype. On doit le revoir une fois tous ces résultats en main.
Une fois n'est pas coutume : le spermogramme doit se faire dans un laboratoire spécialisé, agréé, et avec lequel travaille l'hôpital. Nous prenons donc rendez-vous pour le 31 octobre dans un laboratoire parisien réputé. On ne compte plus les jours où nous avons dû poser des jours de congés ou des heures à récupérer. Les gens commencent à s'interroger autour de nous. En même temps, on est bien obligés.
Mon conjoint s'inquiète pour le spermogramme. La première fois, il avait échoué sur place, mais réussi à la maison. Cette fois-ci, pas le choix : il faudra bien que ça marche au labo! Pas moyen de ramener le flacon en moins de 20 minutes, de la banlieue jusqu'à Paris ! Il angoisse, mais on tente de prendre des dispositions « adaptées » pour que ça puisse marcher. Un DVD érotique, une conversion sur le PC, une console portable et le tour est joué ! C'est vraiment troublant de devoir faire tout ça. On a un peu honte, mais il faut bien y arriver. Rien n'est évident. Il appréhende d'autant plus qu'il faudra faire la double prise de sang juste après.
Le jour de l'examen, tout se passe merveilleusement bien. La console n'a même pas eu besoin de tourner plus de 10 minutes ! La prise de sang a été faite dans la foulée. Je le vois déjà ressortir le sourire aux lèvres ! On est fiers tous les deux.
Commence alors l'attente... On ne fait que ça depuis novembre 2003 : attendre ! Pour quiconque est un peu impatient, je conseillerais presque de devoir passer par la P.M.A. Grande école où on apprend la patience ! Si, si ! Quatre mois entre deux rendez-vous, des examens médicaux à refaire perpétuellement vu qu'ils ne sont valables que 6 mois... On s'étonne du "trou de la sécurité sociale" ! Nous, on ne s'en étonne même plus.
Pendant les jours qui suivent, on espère tous les deux secrètement que le résultat du spermogramme sera positif. On espère qu'ils retrouveront 1, 2 ou 3 spermatozoïdes. Ils ont des méthodes plus poussées que le laboratoire de banlieue. Ils centrifugent. Et quelque fois, quelques spermatozoïdes montrent le bout de leur nez. On espère qu'ils ne retrouveront rien d'anormal dans les dosages hormonaux. Ni dans le caryotype d'ailleurs, mais là, il faudra se montrer... patient ( !) : les résultats nous parviendront d'ici un mois et demi.
Quatre jours plus tard, le laboratoire m'appelle sur le portable. Ils veulent parler d'urgence à mon conjoint. Il rappelle de la maison. "Monsieur, quels étaient les résultats du premier spermogramme ? ". "Négatif ; ils n'avaient rien retrouvé... ". "Nous sommes désolés, mais, cette fois-ci également, nous n'avons rien retrouvé... ". Et voilà ! La malchance nous poursuit. Zéro... encore une fois.
Il faut patienter jusqu'à la réception des résultats de la prise de sang. On n'a pas longtemps à attendre. Ils sont dans la boîte aux lettres. La testostérone est normale. En revanche, la FSH est à 25.70ui (la limite maximale normale pour un homme est fixée à 12.00 environ) ; la LH, à 7.50ui et l'inhibine B, à moins de 15pg/ml. Résultats anormaux. Une FSH élevée, combinée à une inhibine très basse laisse supposer un problème d'altération dans la fabrication des spermatozoïdes. On espérait un problème de tuyauterie, une azoospermie excrétoire... On aura une azoospermie secrétoire, dite « non obstructive ». Un problème dans la fabrication même. Le pire des cas... Reste à voir si cela ne s'explique pas par un problème génétique. En décembre, nous recevons les résultats. Enfin, une bonne nouvelle : le caryotype est normal.
Nous revoyons l'urologue fin décembre, munis de tous ces résultats. Le verdict est sans appel : il faut tenter une biopsie. Avec les résultats hormonaux de mon conjoint, il reste très réaliste : on a entre 10 et 15% de chances de retrouver des spermatozoïdes. La biopsie testiculaire peut se faire soit « à froid », juste pour voir si on retrouve des spermatozoïdes, quitte à les congeler pour resservir plus tard dans le cadre d'une FIV-ICSI. Soit effectuer une FIV-ICSI avec une biopsie synchrone. L'avantage de la seconde solution, c'est de pouvoir peut être travailler avec du « frais ». L'inconvénient, c'est de me stimuler pour rien. Il est peu rassurant : chaque année, "entre 2 et 3% des femmes stimulées finissent en réanimation à cause d'une hyperstimulation des ovaires... ". Il termine l'entretien en nous rappelant que si, malheureusement la biopsie se révélait négative, il faudrait alors envisager le don de sperme ou l'adoption. Il nous conseille de reprendre rendez-vous avec mon gynécologue habituel pour parler de tout cela. On a rendez-vous en janvier 2007.
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Par enquetedetoi, Vendredi 8 Juin 2007 à 16:24 GMT+2 dans Mon histoire (article, RSS)





