Le jour où notre monde s'effondre...
Un soir d'avril 2006. Je suis devant le laboratoire, seule. Mon conjoint a décidé de ne pas venir, comme s'il redoutait quelque chose. J'ai le cœur serré. Je suis seule face à notre destin. Je sens que tout va basculer, que je vais apprendre une mauvaise nouvelle. Mais je ne peux plus reculer. J'entre.
Le médecin est toujours aussi glacial. Il me tend l'enveloppe, sans rien dire. De toutes façons, je ne veux rien savoir. Je prends l'enveloppe. Je ne l'ouvre pas. Ces choses-là se font à deux. Arrivée à la maison, je tends l'enveloppe à mon conjoint. Il décide de l'ouvrir. Nous sommes chacun assis dans un coin de la chambre.
Au bout de 30 secondes, il me dit : « Je ne comprends rien, c'est vide ! Il n'y a rien d'écrit... » Et là, en une fraction de seconde, je comprends. « Vide »... Les résultats sont « vides »... Il n'y a rien. Je commence à pleurer. Dans un sanglot, je lâche : « il n'y a pas de chiffres ? Quels chiffres sont inscrits ? ». Il me répond : « non, aucun, il n'y a que des zéros... partout... ».
Cette phrase résonne encore dans ma tête. Je prends les résultats. Des zéros partout sur toute la page, recto verso. Ils n'ont rien trouvé. Rien du tout.
Je pleure et je ne peux plus m'arrêter. Lui est abasourdi. Rien n'apaise mon chagrin. Je comprends les conséquences très vite. Nous allons forcément devoir passer par l'aide médicale à la procréation (A.M.P.) avec un tel résultat. Cette fois-ci, plus de doute. Mon intuition était la bonne. Je pleure de plus belle. Mon homme n'a aucun spermatozoïde. Il est dans l'incapacité de donner la vie. Et je songe à toutes ces fois où nous nous sommes unis en espérant que ces étreintes seraient donneuses de vie... Mais non, elles ne l'ont jamais été. Depuis 3 ans, ça n'a été que tromperie, trahison de Dame Nature. Elle nous a laissé croire. La vie est injuste.
La soirée a été silencieuse et triste. Très sombre. Je me souviens seulement que ma mère m'a appelé pour connaître le résultat et que je lui ai annoncé en pleurs. Elle pleurait aussi.
Ce moment a été l'un des pires de notre vie de couple. Je pense le plus dur moralement parce que nous avons été fixés une bonne fois pour toutes. Pratiquement... Il restait à connaître l'ampleur du phénomène. On distingue 2 types d'azoospermie : l'azoospermie excrétoire, celle révélant un problème de « tuyauterie », la moins pire en quelque sorte ; et l'azoospermie sécrétoire, quand la fabrication même des spermatozoïdes à leur base est altérée. Je sais, grâce au forum, que dans le cas des azoospermies excrétoires, il est possible de faire pratiquer une petite intervention chirurgicale, la ponction testiculaire (ou biopsie), qui permet de récupérer des spermatozoïdes, directement à la source, dans les testicules. On peut proposer cette solution aux azoospermies sécrétoires, mais les chances sont nettement diminuées. On prie déjà pour que le problème ne soit qu'un problème de plomberie... On a joué de malchance jusqu'à présent. Espérons qu'il y ait un bon dieu.
Nous revoyons le gynécologue, munis de tous ces résultats. Il réécoute l'histoire de mon conjoint. Pour lui, c'est sûr, le chirurgien qui a pratiqué l'opération de hernie inguinale a « coupé » le mauvais tuyau. Nous sommes rassurés dans un sens. On va certainement retrouver des spermatozoïdes dans les testicules. Il nous envoie vers un confrère urologue, dans un grand hôpital parisien. Nous prenons rendez-vous pour le mois d'octobre 2006.
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Par enquetedetoi, Lundi 4 Juin 2007 à 20:45 GMT+2 dans Mon histoire (article, RSS)
C'est vrai que c'est dur, mais au final, on cherche le bonheur. Parfois, il est super bien caché, mais l'essentiel, c'est de le trouver! 





