En quête de toi

Résumé

"En quête de toi" raconte l'histoire de mon couple, en mal d'enfant, car confronté à la stérilité. Une stérilité imprévisible, irréversible, qui fait mal. Ce blog témoigne de ma douleur... nos douleurs, nos angoisses, nos peines... J'espère qu'il se terminera bien. Je ne le sais pas encore...


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Et au début...

Et au début, il y a une rencontre, LA rencontre ! Celle à laquelle on ne s'attend plus, celle qui vient soudainement, par surprise, alors qu'on avait décidé de passer son chemin pour un certain temps.

J'ai rencontré mon homme en 2001. Rien ne nous prédestinait à nous rencontrer : milieux sociaux différents, âges différents, centres d'intérêts, amis... Nous étions radicalement à l'opposé. Et pourtant ! Le moment magique du premier baiser est finalement arrivé le 18 mars de la même année. Notre histoire dure depuis...

Fin de l'année 2002/début 2003, nous avons décidé d'emménager ensemble, pas très loin de chez nos parents respectifs. Novembre 2003, nous nous sommes sentis prêts à concrétiser notre rêve, une envie de plus en plus présente: faire un enfant. La plus belle chose au monde, la plus naturelle... Mais ce n'était que le début d'un long et douloureux combat.

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Premiers doutes

Novembre 2003: début des essais.

Bien sûr, nous savons que cela risque de prendre un certain temps: 3, 4, 5 voire 6 mois. Qu'importe, nous y sommes préparés. Je sais que rien ne se fait sans peine. Alors, elle commence la valse des attentes, la ronde des "symptômes"... et finalement, chaque mois, la déception.

Mon médecin-gynécologue m'avait prévenue à l'époque : une grossesse pour moi sera difficile, compte tenu de mes règles douloureuses et capricieuses. Les ovaires ne doivent pas correctement fonctionnés, un peu fainéants. Bon... D'accord, difficile mais réalisable! Je m'accroche.

Au bout des 6 premiers mois d'essai, j'ai un mauvais pressentiment. Inexplicable... Je sens que quelque chose "cloche" chez mon conjoint. On se renseigne à droite, à gauche, auprès de sa famille. Petit, il a subi d'urgence une opération de hernie inguinale unilatérale. Je regarde sur internet : des séquelles de chirurgie peuvent influer sur la fertilité masculine. On enrage auprès du médecin qui l'avait opéré à l'époque: comment se fait-il qu'il n'ait rien dit? S'est-il planté en opérant? A-t-il sectionné le mauvais "tuyau"? On envisage même d'engager des poursuites judicaires. Mais pour qui? pour quoi? Vingt ans sont passés, il y a prescription. Cette opération avait pour unique but de sauver mon conjoint d'une mort certaine. Je me renseigne encore: ce n'est pas irréversible. Des spermatozoides doivent probablement être là, "cachés" quelque part...

J'apprend aussi qu'adolescent, il a travaillé, en tant que veilleur de nuit, sur un site riche en uranium appauvri. Six mois. Six mois pendant lesquels on lui a fait trier des blouses irradiées à mains nues... Sans aucune protection: pas de gants, pas de masque... Là, encore, internet tourne à fond : généralement, les hommes travaillant avec la radioactivité font plus de petites filles que de petits garçons, la radioactivité altérant en quelque sorte les chromosomes masculins. Soit... Encore un obstacle, mais encore une fois, pas insurmontable.

Un an passe. Je me décide à consulter un gynécologue spécialisé en infertilité. On verra bien ce qu'il me dira. Moi, j'ai plein de choses à lui dire...

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Première consultation

Salle d'attente de mon médecin gynécologue habituel. Ce n'est pas elle qui va me recevoir car elle se consacre principalement aux accouchements désormais. C'est son associée. C'est mon tour. J'entre, je m'assois et j'explique ma situation.

Froide, imperturbable, stoïque, elle écoute mon histoire. Ca ne dure que 10 minutes. Elle ne m'a pas écoutée. Je repars avec très peu d'informations, simplement une ordonnance : un inducteur d'ovulation. Il s'agit d'un médicament qui, pris à une certaine période du cycle (généralement du 5ème au 10ème jour) permet à coup sûr d'obtenir une ovulation, aux alentours du 14ème jour, et donc la production d'ovocyte(s) (la femme en produit généralement 1 à chaque cycle). Ce qui signifie que s'installe le petit jeu destructeur des rapports sexuels programmés. Il faut faire l'amour 2 jours avant et 2 jours après l'ovulation ! D'un romantisme absolu ! J'en ai pour 6 mois. Le médecin me lâche dans la nature, sans rien: pas de prise de sang, pas d'échographie pour vérifier l'activité des ovaires, rien... Après tout, c'est elle la spécialiste. Elle sait ce qu'elle fait. On va essayer. Je reste confiante.

C'est là que commence le traditionnel exercice des courbes de températures. Je découvre sur des forums de "désir d'enfant" et j'apprends. La technique est simple: on prend sa température tous les jours au réveil, avant même de poser le pied par terre, et on observe les oscillements des températures. En première partie de cycle, avant l'ovulation, la température est basse. En deuxième partie, la phase dite lutéale, après l'ovulation, elle est haute, aux alentours des 37°C. Le jour où elle "décroche", quand elle passe soudainement de basse à haute, symbolise l'ovulation. A partir de ce décrochement, on compte 14 jours, au bout desquels on est sûre d'avoir ses règles. Un indice primordial pour toutes les essayeuses: si la température reste haute plus de 16 jours, c'est le signe quasi certain de début de grossesse ! On guette, on traque, on devient dingue...

Je suis belle tous les matins, avec mon thermomètre! Limite pathétique, mais qu'est ce qu'on ferait pas pour avoir un petit bout de choux ?

Mes premières courbes sont moches, toutes linéaires, planes... ok : mes ovaires "débloquent" ! Puis, avec le médicament miracle, à force, elles deviennent plus jolies: elles montent très nettement en 2ème partie de cycle. Chouette, ça marche!

A cette époque, je découvre les forums: je partage mes peines, mes espoirs et mes angoisses, avec des filles qui essayent comme moi. On a le même âge. Mais c'est déjà dur d'en voir partir tous les moins dans le forum "grossesse"... Au bout de 6 mois de traitement, je suis toujours sur "désir d'enfant", c'est à dire que j'attends... désespérement que vienne mon tour. Mais je ne suis pas la seule, c'est rassurant! Plusieurs fois, je suis inquiète: je vois des filles qui ont le même médicament que moi et qui ont un suivi médical régulier. Je balise un peu, je ne sais pas quelles peuvent être les conséquences de ce traitement. C'est décidé, à la fin du traitement, j'irai voir un autre médecin!

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Deuxième médecin : autre consultation

Sur les conseils d'une collègue de travail, je prends rendez-vous avec un gynécologue spécialisé. Elle me convainc en me disant que cette dame-là à réussi à faire tomber enceinte une ancienne connaissance grâce à une FIV-ICSI, avec seulement 1 spermatozoide ! Je suis épatée des progrès de la science. En même temps, c'est la première fois que j'entends parler d'insémination, de fécondation in vitro... Au fond de moi, je sens déjà que j'en arriverai là un jour.

Le cabinet n'est pas très loin de chez moi. Plutôt pratique ! Le rendez-vous est un peu plus humain que la première fois. Elle m'écoute. Je lui dis ce que j'ai fais jusqu'à maintenant. Je lui montre mes courbes. Elle est ravie. Je l'entends encore me dire: "vous, je vous vois très facilement tomber enceinte!". Je suis requinquée ! Elle me re-prescrit le fameux médicament, mais cette fois-ci, la posologie est de 2 par jour. Dans son cabinet, pas d'appareil d'échographie. Pas génial... Elle ne vérifiera rien pendant le traitement. Encore une !

Petite nouveauté: je repars avec une ordonnance pour un spermogramme. Seul examen masculin capable de juger la fertilité, voire l'hypofertilité. Je suis contente : une fois cet examen réalisé, on en saura plus sur les conséquences de la hernie et de la radioactivité. J'en parle à mon conjoint : pas question de le faire ! Il est sûr que le problème ne vient pas de lui et qu'il faut juste un peu de temps pour que ça vienne. Ca fait quand même 1 an 1/2 que ça dure cette histoire! Si ça devait arriver, ça le serait déjà! C'est une bataille incessante ! Crises de pleurs, bagarres... rien ne fait avancer la situation. Je prends mes 6 mois supplémentaires de traitement. Toujours rien ne se passe. L'ordonnance du spermogramme reste au fond de mon sac... Je sens que c'est la clé.

Bizarrement, je n'ai pas été convaincue par cette spécialiste. Je ne sais pas pourquoi. Je laisse passer l'été et j'irai voir quelqu'un d'autre.

Cette période a été très dure pour moi. Toutes mes amies, toutes mes connaissances du forum tombaient enceintes les unes après les autres. On se sent seule. On se sent vide. Il ne nous arrive rien. On se sent inutile. Je me suis plusieurs fois demandée à quoi je servais sur cette terre. Si on ne me donnait pas la chance d'être maman, c'est que sans doute, j'avais un problème. Sans doute serais-je une mauvaise mère... Ou peut être avais-je fais quelque chose dans mon existence pour en arriver là.. C'est à cette période que j'ai cessé de visualiser le concept du ventre rond chez moi. Ca m'est apparu impossible, comme si, mon corps n'était pas fait pour ça. A cet obstacle "physique" s'ajoute donc un obstacle psychologique. Pour comprendre cet état d'esprit, il faut le vivre. Ce n'est pas qu'on renie ou dénie sa maternité, non.  On la sent, on la croit impossible, par la force des choses.

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Troisième médecin...

L'été 2005 vient de se terminer. J'ai pris rendez-vous avec un nouveau gynécologue. Cette fois-ci - et c'est la première fois ! - c'est un homme. Peut être les choses vont elles être abordées différemment. Je place beaucoup d'espoir dans cette rencontre, même si cela est un peu "bête" après tout.

Il est très gentil, attentif, mais je crois qu'il n'est pas beaucoup spécialisé dans les problèmes d'infertilité. Je ressors mes courbes, mes anciens examens... Je me suis même constituée une pochette "gynéco" que je trimballe dans mon sac, au cas où. J'ai le droit à une énième échographie, car je me plains régulièrement de douleurs à droite, au niveau du bas ventre, comme l'appendicite. Ca ne peut pas être ça: je l'ai eue à 16 ans. L'échographie ne révèle rien d'anormal. Probablement des ovulations douloureuses. Pour lui, en tous les cas, rien qui ne justifie la prescription d'un traitement inducteur d'ovulation. Cette fois-ci, je n'ai rien. Il me prescrit seulement des anti-douleur basiques à prendre en cas de crise. J'ai également de nouvelles ordonnances pour des examens médicaux plus poussés. Encore une fois pour un spermogramme. Je risque évidemment de la voir terminer au fin fond de mon sac.

Mais j'ai également une ordonnance pour faire pratiquer un test de Hühner. C'est un peu la version "soft" du spermogramme, enfin, si on peut dire : un rapport sexuel programmé, la veille de l'examen généralement, et direction le laboratoire au petit matin. Le biologiste regarde dans la glaire cervicale de madame s'il reste des spematozoides de monsieur, introduits la veille. De plus en plus romantique.

On est en octobre 2005. Mon chéri se décide enfin : on y va pour ça, ça nous donnera une première idée. Ca n'a pas été une mince affaire mais on y parvient. Les résultats tombent la semaine suivante. Aucun spermatozoide observé! Quel choc! Rien! Même pas un, perdu, qui gigote. Rien! Que ma glaire à moi... C'est attristant. Je me renseigne sur internet. Un tel résultat est courant. Il peut s'expliquer de diverses manières : il y a pas ou peu de spermatozoides dans l'éjaculat, ce qui explique qu'on n'en ait pas retrouvé dans le "champs" observé. Autre explication possible : ma glaire est incompatible avec le sperme de mon conjoint, elle "tue", dès l'entrée du vagin, ses spermatozoides.

Toutes ces explications me laissent tout de même perplexe, sceptique. On regarde le résultat, on l'inspecte, et toujours la même pensée : ça ne présage rien de bon. Je sens de plus en plus fort à un problème bien plus important. Je repense à la hernie, aux radiations... Toutes ces causes ont peut être réellement altéré le sperme de l'homme que j'aime. Mais dans quelle mesure?

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